A78 ans, Bernard Pivot est l'un des dix membres de l'Académie Goncourt. Figure de l'histoire de la télévision, le journaliste et ancien animateur de la mythique émission "Apostrophes" puis de "Bouillon de culture", est connu pour son amour de la langue française.
Nancy- Rencontre Bernard Pivot bouillonnant de culture . À 83 ans, l’emblématique journaliste littéraire continue de pétiller d’un enthousiasme contagieux. Ciselant
Journaliste chroniqueur, animateur et créateur d'Apostrophes, de LIRE, des Dicos d'or, grand défenseur des mots et de la langue française, auteur, président du Goncourt jusqu'en 2019, Bernard Pivot règne sur le monde des livres depuis des dizaines d'années. Sa notoriété et sa popularité sont inégalables dans le milieu. Il a publié plusieurs livres aux éditions Albin Michel,
Ilétait membre de cette institution de la littérature française depuis 15 ans et président depuis cinq ans. CULTURE. Insolite : quand Edouard Philippe assure la promo d'un jeune auteur de Thoissey. A la une. Disparition de Georges Duboeuf : pour Bernard Pivot, il était "Monsieur Beaujolais" Viticulture. Le fil info. Hier; 19:03 . Football/Red Star-FCVB/Hervé
Lauteur. « Je suis un journaliste qui écrit des livres » ainsi se définit Bernard Pivot, 85 ans et toutes ses dents. Il est trop modeste. Outre une vingtaine d’ouvrages, romans, essais et critiques, Bernard Pivot c’est, entre autres, 15 ans d’ Apostrophe, 10 ans de Bouillon de Culture, 2 ans de championnats d’orthographe et 6 ans
Magazine La Grande Librairie revient de vacances en mettant à l’honneur cette semaine le journaliste et auteur Bernard Pivot. Après deux semaines de vacances, François Busnel fait sa rentrée 2021 avec un prestigieux invité puisque La Grande librairie consacre son premier numéro de l’année au spécialiste et passionné de
Bouillonde culture, Apostrophes, Les Dicos d’or À la télévision, la langue française et la littérature n’auront jamais été aussi bien défendues que par ce passionné des mots et des livres. Du milieu des années 1970 au début des années 2000, le journaliste et présentateur prendra le pas sur l’auteur qui sommeille en lui. En librairie, on trouvera sous le nom de
LGSfID. Venu à Berne pour y donner, samedi dernier, une très rare conférence à l'invitation de l'Alliance française, Bernard Pivot apparaît ce matin-là fidèle à lui-même plongé dans un livre et dans le canapé d'un salon de la résidence de l'ambassadeur de France. Aujourd'hui, ce n'est plus pour préparer ses plateaux que Bernard Pivot pratique ce métier de lire» - qu'il décrit dans un ouvrage portant ce titre, paru chez Gallimard en 1990. Il est, depuis deux ans, l'un des dix membres de l'Académie Goncourt qui décernera son prix le 5 novembre. Une compétition dont Bernard Pivot assure qu'elle est cette année, contrairement à 2006 où Les Bienveillantes de Jonathan Littell écrasait tout», encore très a commencé dans Le Nouvel Observateur, auquel Bernard Pivot avait confié, à la fin de Bouillon de culture, n'être pas intéressé par l'Académie française. En revanche j'avais dit que l'Académie Goncourt me plairait, parce qu'on y fait trois choses que je sais à peu près bien faire lire, boire et manger. J'avais aussitôt regretté de ne pouvoir y accéder, n'étant pas un écrivain.» En 2005, il y a pourtant été élu à l'unanimité C'est la première fois, qu'on a fait venir un journaliste. J'en suis très fier! J'ai hérité du couvert N°1 chez Drouant, celui de Jean Giono et de Colette, deux de mes écrivains préférés. C'est tout de même formidable!» lance cet homme à l'enthousiasme Temps Comment définiriez-vous votre métier, entre la télévision et aujourd'hui le Goncourt?Bernard Pivot Dans mon enfance, à Lyon, à la fête foraine, il y avait un train fantôme. Un jeune homme montait derrière le chariot, poussait des cris épouvantables et grattait la tête des jeunes filles pour leur faire peur. Un jour, à l'époque Apostrophes, quelqu'un m'a demandé quel était exactement mon métier. Tout à trac j'ai répondu gratteur de têtes». Evidemment, je ne grattais pas la tête des téléspectateurs pour leur faire peur, mais pour activer leurs neurones, la circulation dans leur crâne, celle du sang, de la curiosité, de l'intelligence pour leur donner le goût des mots, des phrases, des livres... Je grattais aussi la tête des écrivains en leur posant des questions. En sus, le personnage principal de mon seul roman, L'Amour en vogue, écrit à 22 ans, était justement un gratteur de têtes. Au fond, je n'ai jamais cessé de l' A la fin d'Apostrophes», vous vous disiez lassé par le roman. Le Goncourt vous y replonge. Lire est redevenu une fête?- Cette lassitude était passagère. Je faisais la même émission depuis quinze ans, ça ronronnait. Aujourd'hui, j'ai de nouveau du plaisir à lire... les bons Vous êtes donc redevenu, essentiellement, un lecteur?- Du temps d'Apostrophes, je partais en vacances, début juillet, avec dans le coffre de ma voiture les épreuves des romans qui allaient sortir à la rentrée. Je pouvais ainsi prendre de l'avance et préparer les émissions. J'ai renoué avec ce rite pour le Goncourt, donc, finalement, ma vie n'a pas beaucoup Dans Le Métier de lire» vous racontiez l'invasion, quasi organique, des livres. Cela continue?- Je reçois moins de livres. Toujours beaucoup de romans, mais moins de livres. Du temps d'Apostrophes et de Bouillon de culture, c'était effrayant, j'étais envahi. Je recevais entre 50 et 80 livres par jour. Je passais un temps fou à les classer. En plus de ça, je ne laissais à personne le soin d'ouvrir les paquets. Cela faisait partie du plaisir de découvrir le livre décacheter, enlever le papier, lire la dédicace, le remuer, le sentir, en lire quelques passages...Une fois dans ma vie, j'ai vu quelqu'un qui avait rendu les armes devant les livres. C'était Georges Dumézil, grand linguiste spécialiste des langues indo-européennes, avec qui j'ai fait un tête-à -tête. Je suis arrivé chez lui et j'ai essayé d'entrer... C'était effrayant, dans le couloir il fallait avancer de biais, la caméra ne passait pas. Puis, on est allé dans son bureau. Sa table de travail était recouverte par des monceaux de livres, ça débordait de partout, des bibliothèques... Je lui ai dit, mais qu'est-ce qui s'est passé? Et il m'a répondu Les livres ont gagné. Ils ont tout envahi.»- La tension monte-t-elle pour le Goncourt? Huit livres sont encore en lice, dont Ni d'Eve ni d'Adam» d'Amélie Nothomb ou Alabama Song» de Gilles Leroy...-Pas encore. Mercredi, il faudra en éliminer quatre. L'an passé, c'était couru d'avance. Il y avait une majorité à l'Académie pour Les Bienveillantes. Cette année est peut-être moins brillante, mais elle sera plus intéressante pour le Goncourt. En ce moment, je suis incapable d'imaginer quels sont, parmi les huit, les livres qui vont rester. Et je ne vous donnerai pas mes Il y a beaucoup de femmes dans la sélection?-Cinq femmes sur huit. D'après Edmonde Charles-Roux, la présidente, c'est la première fois qu'il y a une majorité de femmes dans l'avant-dernière sélection. Cette évolution me paraît normale. Il y a de plus en plus de romancières, et elles ont du talent.
INTERVIEWMardi, Bernard Pivot tournait la page de l'Académie Goncourt après cinq ans de présidence pour profiter de la vie et de ses étés. Un temps disponible que le célèbre journaliste consacrera désormais à sa famille et à la relecture de classiques de la littérature française, toujours bien assis à une table."Pour lire, il faut avoir le cul bien stable"Le journaliste de 84 ans, connu pour avoir animé chaque vendredi soir l'émission littéraire Apostrophes entre 1975 et 1990, ne consacrera plus ses étés à lire entre 50 et 70 romans pour le Goncourt. Désormais, il va pouvoir lire et relire des livres pour le plaisir mais il ne changera pas ses habitudes de lecture pour autant. Car Bernard Pivot ne lit "jamais allongé, ni couché, ni au bord de la mer". "Je suis devant une table", précise-t-il. "Je peux prendre un livre et puis prendre des notes. Sans confort." Selon le journaliste, pour lire, "il faut avoir le cul bien stable et plutôt sur du dur". Bernard Pivot va enfin pouvoir relire les classiques de la littérature française, ce qu'il n'a jamais pu faire jusqu'à présent "J'ai jamais relu. J'ai jamais eu le temps ! Comment vous voulez que je fasse ? Maintenant, je vais relire Huysmans, je l'ai pas beaucoup lu. Comme il sort dans la Pléïade, je vais en profiter et l'emporter à Noël". "Cela fait 50 ans que je n'ai pas mis le nez dans un livre de Chateaubriand"Pour le plaisir, le journaliste va également relire Chateaubriand. "Cela fait 50 ans que je n'ai pas mis le nez dans un livre de Chateaubriand. Les Mémoires d'outre-tombe, est-ce que ça va me tomber des mains ou est-ce qu'au contraire ça va me plaire ?", se demande Bernard Pivot. Il en profitera également pour lire des écrivains qu'il ne connait pas bien comme le poète Patrice de La Tour du Pin. "Tout le monde en parlait dans les années 70 et finalement je ne l'ai jamais lu. Et je me suis toujours dit 'c'est une faute professionnelle mon pauvre Bernard !'. Mon bonheur, c'est aussi de prendre un volume de Voltaire dans la Pléïade puis lire la correspondance de Voltaire. C'est un bonheur de lire ses lettres.", explique-t-il. Pour Bernard Pivot, "ce qui est important, c'est l'écriture. L'écriture de Jean-Louis Hue quand il raconte la pluie, l'écriture de Houellebecq, certains n'aiment pas mais elle est intéressante et originale". Il note aussi l'écriture de Jean-Paul Dubois, Prix Goncourt 2019, "formidable". Et celle d'Amélie Nothomb, dans son livre qui s'intitule Soif "elle a trouvé une manière de faire dire à Jésus des paroles qui sentent un peu le soufre mais c'est remarquablement écrit", constate le journaliste.
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perfectionnés électroniques chimiques biologiques atomiques et à neutrons sur les charniers d’aujourd’hui et demain. » 12 juin, Jean Dieudonné est interviewé par Bernard Pivot à l’émission Apostrophes à XVIII]1. Mais dès à présent j’ai la conviction qu'une algèbre homotopique ou, dans une vision plus vaste, une algèbre topologique » telle que je l’envisage, ne pourra être développée avec toute l'ampleur qui lui appartient, sans lesdits fondements catégoriques. Il s’agit d'une théorie des grosses catégories que j'appelle à présent accessibles », et des parties accessibles de celles-ci, en reprenant complètement la théorie provisoire que je présente dans SGA 4 I 9 [2]. J’ai tissé un tapis de près de deux cents pages sur ce thème d’apparence anodine, et cela me fera plaisir de t’en présenter les grandes lignes, si cela t'intéresse. Il quitte les Aumettes, fait étape chez une amie à Carcassonne, et là , il brûle un grand nombre de manuscrits. Il fait venir son ancien élève Jean Malgoire, professeur à l’université de Montpellier, et lui confie cinq cartons intacts, contenant 25000 pages de notes et articles. L ’ermite de L asserre En août 1991, Grothendieck s’installe incognito à Lasserre, hameau de Haute-Ariège, dans le Couserans, près de Saint-Girons, non loin du Vernet où fut interné son père. Il donne à de rares proches la consigne de ne communiquer son adresse à personne ; la consigne sera respectée puisque le public n’apprendra le lieu de sa retraite qu’à sa mort. Le maire du village de 1983 à 1995, Daniel Fillola, découvre par hasard l’importance du nouvel arrivant en feuilletant Science et Vie. mène une vie d’ermite, et ne reçoit personne. Lasserre, vu de Clanet 553 m, dans le Couserans 1992. Mon ancien élève Alain Genestier ENS 1986 58 soutient une thèse en géométrie algébrique sous la direction de Gérard Laumon, intitulée Ramification du revêtement de Drinfeld ». Il publiera en 2007 un livre intitulé L’isomorphisme entre les tours de Lubin-Tate et de Drinfeld, avec Laurent Fargues et Vincent Lafforgue. Longtemps chercheur au CNRS, il est professeur des Universités à Nancy, où il a dirigé deux thèses, intitulées Compactifications de variétés de Siegel aux places de mauvaise réduction » en 2008, Le lemme fondamental métaplectique de Jacquet et Mao » en 2012. 58 Si je cite ici les parcours de quelques anciens élèves ayant croisé les idées de Grothendieck, c’est pour donner un vague aperçu de la postérité de ces idées. 29 novembre, mort de Jean Dieudonné à Paris. 1994. Après sept ans de recherches, le britannique Andrew Wiles démontre la conjecture de Taniyma-Shimura-Weil, qui implique le Grand théorème de Fermat. 1996. Claire Voisin construit un contre-exemple à la conjecture de Kodaira en dimension 4. En géométrie algébrique complexe, un accent est mis sur certaines variétés compactes munies d’une métrique particulière les variétés kälhériennes. Pour bien comprendre la topologie de ces objets, il est important de comparer ces variétés aux variétés dites projectives. En 1960, le mathématicien Kunihiro Kodaira a prouvé en s’appuyant sur sa classification des surfaces complexes qu’en dimension 2, toute surface kählerienne pouvait être déformée en une surface projective. Le tour de force de Claire Voisin fut de construire une variété kälherienne compacte en dimension 4 ou plus qui ne pouvait être obtenue par déformation d’une variété projective car elle n’a pas le même type d’homotopie et donc d'établir que le résultat de Kodaira n’était pas valable en toute dimension. Vladimir Voïevodski démontre la conjecture de John Williard Milnor 1970 Pour tout corps F de caractéristique différente de 2, la K-théorie de Milnor modulo 2 de F est isomorphe à sa cohomologie étale ou ce qui est équivalent, à la cohomologie de son groupe de Galois absolu, profini, à coefficients dans Z/2Z. » Grothendieck avait prévenu ses amis et connaissances la fin du monde aurait lieu en octobre 1996. Le moment venu, rien ! Il leur envoie un rectificatif annonçant la fin du Tout » pour 2015 ou 2016. 1997. En janvier, décrit heure par heure, minute par minute, une journée pendant laquelle il pense à se suicider. 1998. 28 avril, Pierre Cartier annonce la mort de Bourbaki, dans une interview à Libération. Jugement d’humeur ou canular, Bourbaki est toujours en activité en 2020. A la fin du tome 2 de son traité d’Analyse mathématique Springer, Roger Godement insère une longue postface intitulée Science, technologie, armement ». 6 août, mort d’André Weil à Princeton. 10 novembre, mort de Jean Leray, à La Baule. 2001. Parution de la correspondance Grothendieck-Serre, par la Société Mathématique de France. Alain Connes reçoit le prix Crafoord pour ses travaux en géométrie non commutative. 2002. 4 juillet, mort de Laurent Schwartz à Paris. Laurent Lafforgue, qui a fait une thèse de géométrie algébrique sous la direction de Gérard Laumon, et qui est professeur à l’IHES, reçoit la médaille Fields au 24ème congrès international des mathématiciens, pour avoir démontré une partie des conjectures de Langlands. Vladimir Voïevodski reçoit également la médaille Fields pour avoir développé la notion d’homotopie pour les variétés algébriques et pour avoir formulé la cohomologie motivique, permettant de démontrer de nombreuses conjectures, comme la conjecture de Milnor. 2003. Jean-Pierre Serre reçoit le prix Abel. 2006. En juin, mon ancien élève Lionel Dorat ENS Lyon 1998 soutient sa thèse de doctorat à l’Université Louis Pasteur de Strasbourg, sur les G-structures entières de représentations cristallines » sous la direction de Wintenberger, approfondissant la théorie de Fontaine et Laffaille sur l’équivalence de la catégorie tannakienne des représentations cristallines du groupe de Galois d’un corps local K, et de la catégorie des Φ-modules filtrés sur K admissibles. 2008. Le 2 juin, sur France Culture, Stéphane Déligeorges consacre l’émission Continent Sciences à Grothendieck, pour ses 80 ans, avec la participation de Michel Demazure, Denis Guedj et Laurent Lafforgue. 13 août, mort d’Henri Cartan à Paris, à 104 ans. 2010. Le 3 janvier, rédige un texte interdisant la publication de ses écrits. L’IHES, qui envisageait de rééditer ses travaux, stoppe net son projet. 24 avril, mort de Denis Guedj à Paris. Né à Sétif en 1940, il a compté en 1969 parmi les fondateurs, avec Claude Chevalley, du département de mathématiques du Centre universitaire de Vincennes, devenu l’université Paris VIII. Il y a enseigné l’histoire des sciences et l’épistémologie. Collaborateur de Libération de 1994 à 1997, il avait connu la célébrité en 1998 avec Le Théorème du Perroquet, en 2000 avec le Mètre du Monde, et en 2005 avec Zéro. Denis Guedj était un ami de Grothendieck. Hervé Nisic tourne un documentaire sur Grothendieck, L’espace d’un homme, Il est l’un des premiers journalistes à se lancer sur ses traces. J’ai entendu parler du personnage Grothendieck en 2008. Le sujet et la perspective d’éventuellement le rencontrer m’ont tout de suite passionné. » Son documentaire repose sur de nombreux témoignages. 2011. 23 mars, John Milnor prix Abel pour ses travaux en topologie, géométrie et algèbre. 30 avril, Daniel Quillen meurt à 70 ans à Gainesville, en Floride. En octobre, le mensuel GQ publie un article de Philippe Douroux, Alexandre Grothendieck, un voyage à la poursuite des choses évidentes », disponible en ligne. 2012. Luc Illusie reçoit la médaille Emile Picard pour ses travaux fondamentaux sur le complexe cotangent, la formule de Picard-Lefschetz, la théorie de Hodge et la géométrie logarithmique ». 2013. 12 avril, au Collège de France, Antoine Compagnon, professeur de littérature française, et Alain Connes, titulaire de la chaire d’analyse et de géométrie, établissent un parallèle entre A la recherche du temps perdu et Récoltes et Semailles. Intelligence proustienne et imagination mathématique ? Pierre Deligne reçoit le prix Abel. Michael Artin, professeur émérite au MIT reçoit le prix Wolf. 2014, A la fin septembre, finit par accepter la présence de ses enfants, qui l’accompagnent jusqu’au dernier jour. Il meurt le 13 novembre au matin, à l’hôpital Ariège Couserans de Saint-Girons, situé sur la commune de Saint-Lizier. La nouvelle fait le tour des rédactions du monde entier The New York Times, The Washington Post, The Guardian, The Independant, The Telegraph…. Libération lui consacre une page, sous la plume de Philippe Douroux Alexandre Grothendieck, ou la mort d’un génie qui voulait se faire oublier Alexandre Grothendieck est mort jeudi matin à l’hôpital de Saint-Girons Ariège, à l’âge de 86 ans. Un nom trop compliqué à mémoriser et une volonté maintes fois affirmée de s’effacer, d’effacer sa vie et son œuvre, font que cette mort aurait dû passer inaperçue. Mais l’homme est trop grand et le mathématicien trop important pour que cet effacement soit total. A Sivens, les zadistes n’ont sans doute jamais entendu parler de cet homme qui a ouvert une brèche politique, après avoir reconstruit les maths d’après Euclide. … Philippe Douroux Le Monde titre, sous la plume de Philippe Pajot et Stéphane Foucart Alexandre Grothendieck, le plus grand mathématicien du XXe siècle, est mort. Alexandre Grothendieck a bouleversé la façon de faire des mathématiques avec sa nouvelle vision de la géométrie.… L’Humanité titre, plus sobrement Alexandre Grothendieck, géant des mathématiques, est mort. Pierre Cartier déclare Il s’est retrouvé l’un des créateurs de la géométrie algébrique, avec des idées extrême-ment générales, et des méthodes qui n’auraient pas dû réussir, parce que, en gros, il était comme un aigle qui survole de très haut et qui plonge sur sa proie ». Le 16 novembre, Jean-Pierre Kahane 1926-2017 publie ce témoignage Grothendieck et MontpellierGrothendieck et MontpellierGrothendieck et MontpellierGrothendieck et Montpellier Comme tous les mathématiciens de ma génération j’ai le souvenir de Grothendieck aux congrès internationaux de Moscou 1966 et de Nice 1970 refusant d’aller à Moscou recevoir la médaille Fields, puis prenant Nice comme tribune pour son tournant écologiste. Mais j’ai des souvenirs personnels plus anciens. D’abord, un dîner chez Laurent et Marie-Hélène Schwartz. La conversation était tombée sur le problème de la synthèse spectrale tel que le formulait Schwartz, et elle s’en était bien vite détournée trop difficile pour moi, avait déclaré Grothendieck. Quelques années plus tard, il était résolu par Malliavin. Et surtout, j’ai le souvenir des copies d’examen de Grothendieck à Montpellier. En 1954, quand je suis arrivé à Montpellier, les mathématiques occupaient quelques salles du palais de l’université, au dessus de la rue de l’Université, dans le centre de la vieille ville. Le corps enseignant comprenait cinq personnes trois professeurs, Soula, Turrière et Couchet, et deux maîtres de conférence, Dives et moi. Pas d’assistant ni de chef de travaux. Soula, analyste, et Turrière, mécanicien, étaient de vieux messieurs charmants, Couchet, mécanicien, bien plus jeune, avait pris la succession d’Humbert, Dives avait été professeur titulaire à Clermont-Ferrand et rétrogradé comme collaborateur ; il fonctionnait en Mathématiques générales, pour mon profit puisque j’avais les meilleurs étudiants en MPC. La ville était délicieuse et assoupie. Les mathématiques avaient eu une bonne bibliothèque quand Denjoy était à Montpellier, au début du siècle ; elle n’était plus entretenue. On m’accueillait en trublion sympathique. Un jour, avec Soula et Turrière, la conversation était tombée sur Grothendieck, qu’ils avaient eu comme étudiant. Ils ont sorti pour moi ses copies d’examen de licence, et, d’un coup, mon respect pour eux a fait un bond en avant. Ces copies étaient illisibles. Un examinateur aurait pu refuser de les lire. Mais ces vieux messieurs, Soula d’abord je crois, avaient senti ce qui se cachait derrière Grothendieck, et il a passé ses examens. C’est ensuite que, licencié, il s’est rendu à Nancy. Quand il est revenu à Montpellier tout avait changé, sinon les paysages alentour. Nous n’en avons jamais parlé, mais derrière son retour il devait y avoir le souvenir des salles dominant la rue de l’Université, et une certaine reconnaissance pour les vieux messieurs charmants qui lui avaient ouvert les portes. » Jean-Pierre Kahane, 16 novembre 2014 avait confié en 1991 à son ancien élève Jean Malgoire 20000 pages déposées dans 5 cartons, entreposées à l’université de Montpellier. Mathieu Grothendieck fait venir à Lasserre le libraire parisien Jean-Bernard Gillot59, et lui confie les manuscrits de son graphomane de père, 3 cantines contenant 40000 pages soigneusement rangées dans 44 boîtes entoilées réalisées sur mesure, plus quelques bouteilles d’alcool de mûre et de poire. Ces écrits mathématiques, poétiques, philosophiques, mystiques, ont été explorés par Georges Malstiniotis, disciple du maître, mais sont loin d’être inventoriés. Ils sont actuellement entreposés dans un lieu tenu secret à Paris. Il serait bon qu’ils soient classés trésor national. 59 Jean-Bernard Gillot tient la Librairie Alain Brieux, 48 rue Jacob, 75006 Paris. Une vie en trois photos… 2015. Première publication de Récoltes et Semailles au Japon. Une traduction partielle en russe était parue en 2002. 14 novembre Alexandre Grothendieck, ou le silence du génie » Une vie, une oeuvre, France Culture, Perrine Kervran 2016. Le Canard enchaîné, 24 février 2016 En mars, Bourbaki publie les chapitres 1 à 4 de Topologie algébrique, chez Springer, premier volume du Traité publié depuis 1998. Andrew Wiles reçoit le prix Abel. 2 juin, Claire Voisin est élue titulaire de la chaire de Géométrie algébrique au Collège de France. Elle est la première mathématicienne à être élue. 21 juillet, mort de Roger Godement, à Villejuif. Godement était assez éloigné de Grothendieck sur le plan mathématique, mais il en était proche sur le plan politique. Ils partageaient la même détestation des mathématiques mercenaires, et ils étaient l’un et l’autre des imprécateurs au cœur fidèle ». Septembre La revue Pour la science consacre un excellent dossier à Alexandre Grothendieck, rédigé par Winfried Scharlau, Jean Malgoire et Leila Schneps. 3 novembre L’héritage d’Alexandre Grothendieck » La méthode scientifique, France Culture, Nicolas Martin.. Du 18 au 20 novembre, rencontres littéraires à Pau Les idéaux mènent le monde », Pierre Cartier et Jean Vallès. 2017. 10 mai, les archives mathématiques d’Alexandre Grothendieck sont accessibles sur le web, via le site de l’Université de Montpellier pages sur au total peuvent être consultées. Ce sont des documents consignés par le savant entre 1949 et 1991. 30 septembre, mort de Vladimir Voïevodski, à Princeton. 17 décembre Alexandre Grothendieck, un mathématicien qui prit la tangente » Les
Bernard Pivot "Gardons l’esprit vif" • Notre Temps Pourquoi avoir créé ce double littéraire? Tout paraît vrai, autobiographique. Bernard Pivot. Tout est vrai. Mais beaucoup de choses sont fausses! Ce n’est pas un roman, pas une autobiographie, plutôt une chronique. J’aurais aimé appartenir au groupe d’amis octogénaires que je mets en scène. Inventer ce cénacle qui organise des déjeuners à thème était une manière, pour moi, de renouer avec "Apostrophes". Tous sont joyeux, même s’ils parlent beaucoup des "CI2A" ces quatre fléaux de l’âge que sont le cancer, l’infarctus, l’AVC et Alzheimer. Quant à mon narrateur, je ne suis plus lui et il n’est pas encore moi. Nous avons trois ans d’écart. Passé 80 ans, trois ans, c’est un temps extraordinaire. • Vous donnez des conseils pour bien aborder cette période de la vie… Le plus dur a été pour moi de trouver le ton juste pour écrire ce livre. Entre l’humour, qui traduit un certain bonheur de vivre, et le côté moraliste, donneur de leçons. Si nous voulons garder une audience auprès des jeunes, nous ne devons en aucun cas être ronchons ou passéistes. Nous devons cultiver notre curiosité pour le monde dans lequel nous trois des "CI2A" nous échappent, il en est un que nous pouvons tenter de retarder, c’est Alzheimer. Réunissons-nous, débattons, ayons une vie sociale, voyageons. Lorsque nous échangeons ardemment, nous gardons l’esprit vif. • Les périodes de confinement sont terribles de ce point de vue! Oh, moi, je suis trois fois confiné. Déjà par mon activité de lecteur, socialement comme retraité, sanitairement comme personne à risque. Nous entrons dans une période où l’image des vieux change. Avant, on disait de nous ils vieillissent bien, leur espérance de vie augmente, ils sont actifs… Aujourd’hui, nous sommes considérés comme fragiles, au premier rang des victimes de la Covid. • En sortant de l’école de journalisme, vous publiez un roman. Est-ce donc naturellement que vous devenez journaliste littéraire? Non, c’est un hasard. J’aurais voulu entrer à "L’Équipe" mais l’école m’a proposé un poste au "Figaro littéraire". J’ai travaillé quinze ans en presse écrite avant de faire ma première émission, "Ouvrez les guillemets", en avril 1973. Ce soir-là , Jacqueline Baudrier, ma patronne, m’a fait trois remarques "l’émission était très mauvaise", "je devais abandonner ma veste de garçon de café", mais "j’étais fait pour la télévision". •Avec "Apostrophes" vous êtes devenu plus connu que les auteurs que vous invitiez. Cette notoriété était-elle importante pour vous? C’est un des grands dangers de la télé, contre lequel nous devons lutter surtout, ne pas se considérer comme la vraie vedette. Toutefois, cette notoriété était le résultat d’un travail et un gage de succès pour l’émission. J’ai tout de même reçu des gens beaucoup plus connus que moi! Mais il est vrai que j’ai dit "Si je descends les Champs-Élysées entre Claude Lévi-Strauss et Julien Green, c’est à moi qu’on demandera un C’est la perversion de la télévision. • Le beaujolais, le football… vous aimez mettre en avant vos goûts populaires. J’ai été mis en cause par des intellectuels de l’époque pour cette raison. Comment faire confiance à un journaliste littéraire qui va voir des matchs de foot? Pour certaines personnes, il aurait été préférable que je naisse dans le Bordelais et que je joue au tennis. J’ai écrit alors un article intitulé "Proust est-il soluble dans le beaujolais?" • Quel écrivain vous a le plus impressionné? Alexandre Soljenitsyne. Pas seulement en tant qu’écrivain, même si "Une journée d’Ivan Denissovitch" 1962 ou "Le Pavillon des cancéreux" 1968 sont des grands livres. C’est un homme qui a marqué l’histoire. Il est celui qui a résisté aux trois fléaux du XXe siècle la guerre, le cancer, le goulag. • Regrettez-vous d’avoir soutenu, au nom de la littérature, des auteurs aux comportements pervers, tel Gabriel Matzneff? Des années 1970 aux années 1990, la littérature, et même le cinéma, était au-dessus de la morale, des lois. Aujourd’hui, la morale a pris le dessus, c’est un changement d’époque. On ne publierait plus "Lolita" de Nabokov, par exemple. • Qu’avez-vous éprouvé quand une de vos filles s’est mise à écrire des romans? De la fierté. Cécile a commencé tard mais je l’ai encouragée. J’étais content qu’elle ait pris le goût des mots, de les agencer. Avec tous les livres qui encombraient la maison et qui m’accaparaient, mes filles auraient pu détester la lecture. Cécile est la lectrice qui m’a le plus impressionné. Je me demande seulement si elle a eu raison de garder mon nom. • Vous êtes très présent sur Twitter. Est-ce votre manière de garder un lien avec le public? Certainement. C’est un moyen de dialoguer avec des gens que je ne connais pas et qui réagissent, en bien ou en mal. J’ai adoré la contrainte des 140 signes. Elle me rappelait mes débuts dans le journalisme, quand on me confiait de courts papiers! Maintenant, on a droit à 280 signes, c’est plus facile! J’ai atteint le million d’abonnés. Beaucoup me racontent leurs souvenirs d’"Apostrophes". Certains, d’origine étrangère, comme des chauffeurs de taxi, me disent qu’ils ont pratiqué leur français grâce à mes émissions. Cela me réjouit! • Bernard Pivot en six dates - 5 mai 1935 Naissance à 1958 Débute au "Figaro" après des études de droit et de 1973 Anime sa première émission littéraire à la télévision. "Apostrophes" prend le relais de 1975 à 1990. Puis "Bouillon de Culture", jusqu’en 1975 Cofonde la revue mensuelle "Lire".- 2004 Entre au jury du prix Goncourt, qu’il préside de 2014 à 2021 Fait paraître "… Mais la vie continue."À lire Guillaume, sorte de double littéraire de Pivot, est un éditeur à la retraite. Son plaisir rejoindre son groupe d’amis octogénaires et deviser sur la vie, l’amour et les mouvements du monde. Une vision douce-amère de l’âge. "… Mais la vie continue", éd. Albin Michel, 19,90€.
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