LaBruyÚre retravaille des stéréotypes en se plaçant dans une tradition (le portrait et la maxime étaient des genres littéraires ludiques appréciés dans les salons au XVIIÚme siÚcle en France et en Angleterre. L'oeuvre se découpe en seize chapitres, «Des ouvrages de l'esprit», «Du mérite personnel», «Des femmes»,
De la Société et de la Conversation », « Des Biens de Fortune », « De la Ville », « De la Cour », « Des Grands », « Du Souverain ou de la République » à travers cette galerie de portraits vivants, tantÎt comiques, tantÎt acerbes, le moraliste Jean de La BruyÚre met en lumiÚre la comédie sociale qui se joue à la cour de Louis XIV et critique ses contemporains.
Dela société et de la conversation - suite - 1 interprétation. Titre. Album. Playlist. De la société et de la conversation - suite. La BruyÚre : Les CaractÚres. Premium. 0,99 ⏠Tous les titres de Denis PodalydÚs. affichage : alphabétique; les + récents; les + populaires Matin brun de franck pavloff Des grands Voyage au bout de la nuit - Histoires vraies - à partir
Livre V : De la sociĂ©tĂ© et de la conversation đ€. La BruyĂšre aborde lâart dâĂȘtre en sociĂ©tĂ©, avec un thĂšme de prĂ©dilection : lâusage de la parole, dans les salons de conversation. Il
LabruyĂšre, les caractĂšres. A. La BruyĂšre a travaillĂ© pendant dix-sept ans avant de publier ce recueil de 420 « remarques sous forme de maximes, de rĂ©flexions et de portraits, prĂ©sentĂ© comme une simple continuation des CaractĂšres du philosophe grec ThĂ©ophraste, quâil traduit en tĂȘte de lâouvragel . Lâauteur aurait commencĂ© la
Lasatire sert Ă dĂ©noncer les travers de la sociĂ©tĂ© et les vices des hommes. On distingue deux types de dĂ©nonciation : une dimension morale quand elle dĂ©nonce les dĂ©fauts des hommes comme l'avarice, la bĂȘtise, la cupiditĂ©, l'hypocrisie, l'Ă©goĂŻsme, la jalousie, la cruautĂ© ; une dimension sociale quand elle dĂ©nonce les travers de la
LesCaractÚres de La BruyÚre regroupent des maximes, des portraits ou des réflexions qui sont réparties en seize livres. Chaque livre aborde un aspect de la société de l'époque. La BruyÚre
CrRbhS. Vous ĂȘtes iciAccueil âș Recherche âș Marivaux, Les Fausses Confidences âș La BruyĂšre, Les CaractĂšres âș enseignant âș apprenant âș Gouges, La DĂ©claration des droits de la femme et de la citoyenne âș Madame de La Fayette, La Princesse de ClĂšves 1re G1re T Explication linĂ©aire Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du... Ćuvre Madame de La Fayette, La... Type pĂ©dagogique Exploitation de lâĆuvre intĂ©grale 1re G1re T Explication linĂ©aire Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du Moyen Ăge au XXIe siĂšcle Ćuvre Madame de La Fayette, La Princesse de ClĂšves Type pĂ©dagogique Exploitation de lâĆuvre intĂ©grale Lafayette XVIIe roman mĂ©thode 1re G L'hĂ©roĂŻsme moral contre les fausses valeurs de la sociĂ©tĂ© de Cour Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du... Ćuvre Madame de La Fayette, La... Type pĂ©dagogique Exploitation de lâĆuvre intĂ©grale 1re G L'hĂ©roĂŻsme moral contre les fausses valeurs de la sociĂ©tĂ© de Cour Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du Moyen Ăge au XXIe siĂšcle Ćuvre Madame de La Fayette, La Princesse de ClĂšves Type pĂ©dagogique Exploitation de lâĆuvre intĂ©grale Lafayette XVIIe morale 1re T L'hĂ©roĂŻsme moral contre les fausses valeurs de la sociĂ©tĂ© de Cour Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du... Ćuvre Madame de La Fayette, La... Type pĂ©dagogique Exploitation de lâĆuvre intĂ©grale 1re T L'hĂ©roĂŻsme moral contre les fausses valeurs de la sociĂ©tĂ© de Cour Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du Moyen Ăge au XXIe siĂšcle Ćuvre Madame de La Fayette, La Princesse de ClĂšves Type pĂ©dagogique Exploitation de lâĆuvre intĂ©grale Lafayette XVIIe morale 1re G1re T Contre-modĂšles des rĂ©cits enchĂąssĂ©s Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du... Ćuvre Madame de La Fayette, La... Type pĂ©dagogique Exploitation de lâĆuvre intĂ©grale 1re G1re T Contre-modĂšles des rĂ©cits enchĂąssĂ©s Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du Moyen Ăge au XXIe siĂšcle Ćuvre Madame de La Fayette, La Princesse de ClĂšves Type pĂ©dagogique Exploitation de lâĆuvre intĂ©grale Lafayette XVIIe rĂ©cits 1re G1re T Naissance de l'amour Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du... Ćuvre Madame de La Fayette, La... Type pĂ©dagogique Exploitation de lâĆuvre intĂ©grale 1re G1re T Naissance de l'amour Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du Moyen Ăge au XXIe siĂšcle Ćuvre Madame de La Fayette, La Princesse de ClĂšves Type pĂ©dagogique Exploitation de lâĆuvre intĂ©grale Lafayette XVIIe amour 1re G1re T Secret et passion Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du... Ćuvre Madame de La Fayette, La... Type pĂ©dagogique Exploitation de lâĆuvre intĂ©grale 1re G1re T Secret et passion Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du Moyen Ăge au XXIe siĂšcle Ćuvre Madame de La Fayette, La Princesse de ClĂšves Type pĂ©dagogique Exploitation de lâĆuvre intĂ©grale Lafayette XVIIe passion 1re G1re T Tragique et hĂ©roĂŻsme moral Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du... Ćuvre Madame de La Fayette, La... Type pĂ©dagogique Exploitation de lâĆuvre intĂ©grale 1re G1re T Tragique et hĂ©roĂŻsme moral Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du Moyen Ăge au XXIe siĂšcle Ćuvre Madame de La Fayette, La Princesse de ClĂšves Type pĂ©dagogique Exploitation de lâĆuvre intĂ©grale Lafayette XVIIe morale tragique 1re G1re T Commentaire guidĂ© Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du... Ćuvre Madame de La Fayette, La... Type pĂ©dagogique Parcours littĂ©raire 1re G1re T Commentaire guidĂ© Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du Moyen Ăge au XXIe siĂšcle Ćuvre Madame de La Fayette, La Princesse de ClĂšves Type pĂ©dagogique Parcours littĂ©raire Laclos roman Ă©pistolaire XVIIIe commentaire 1re G1re T HĂ©roĂŻnes de roman Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du... Ćuvre Madame de La Fayette, La... Type pĂ©dagogique Parcours littĂ©raire 1re G1re T HĂ©roĂŻnes de roman Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du Moyen Ăge au XXIe siĂšcle Ćuvre Madame de La Fayette, La Princesse de ClĂšves Type pĂ©dagogique Parcours littĂ©raire roman XIXe XXe hĂ©roĂŻnes 1re G1re T Quand la sociĂ©tĂ© s'Ă©rige en juge moral Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du... Ćuvre Madame de La Fayette, La... Type pĂ©dagogique Parcours littĂ©raire 1re G1re T Quand la sociĂ©tĂ© s'Ă©rige en juge moral Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du Moyen Ăge au XXIe siĂšcle Ćuvre Madame de La Fayette, La Princesse de ClĂšves Type pĂ©dagogique Parcours littĂ©raire roman XIXe XXe morale 1re G1re T DĂ©bats moraux intĂ©rieurs Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du... Ćuvre Madame de La Fayette, La... Type pĂ©dagogique Parcours littĂ©raire 1re G1re T DĂ©bats moraux intĂ©rieurs Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du Moyen Ăge au XXIe siĂšcle Ćuvre Madame de La Fayette, La Princesse de ClĂšves Type pĂ©dagogique Parcours littĂ©raire morale roman XIXe XXe 1re G1re T ReprĂ©sentation de l'amour Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du... Ćuvre Madame de La Fayette, La... Type pĂ©dagogique Prolongement culturel et artistique 1re G1re T ReprĂ©sentation de l'amour Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du Moyen Ăge au XXIe siĂšcle Ćuvre Madame de La Fayette, La Princesse de ClĂšves Type pĂ©dagogique Prolongement culturel et artistique roman amour art 1re G1re T Femme, morale et sociĂ©tĂ© Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du... Ćuvre Madame de La Fayette, La... Type pĂ©dagogique Prolongement culturel et artistique 1re G1re T Femme, morale et sociĂ©tĂ© Objet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du Moyen Ăge au XXIe siĂšcle Ćuvre Madame de La Fayette, La Princesse de ClĂšves Type pĂ©dagogique Prolongement culturel et artistique roman femme art 1re G Les stratagĂšmes de l'amour Objet d'Ă©tude Le théùtre du XVIIe au... Ćuvre Marivaux, Les Fausses... Type pĂ©dagogique Exploitation de lâĆuvre intĂ©grale 1re G Les stratagĂšmes de l'amour Objet d'Ă©tude Le théùtre du XVIIe au XXIe siĂšcle Ćuvre Marivaux, Les Fausses Confidences Type pĂ©dagogique Exploitation de lâĆuvre intĂ©grale Marivaux théùtre XVIIIe comĂ©die 1re G Tromperie, ruse et dissimulation Objet d'Ă©tude Le théùtre du XVIIe au... Ćuvre Marivaux, Les Fausses... Type pĂ©dagogique Prolongement culturel et artistique 1re G Tromperie, ruse et dissimulation Objet d'Ă©tude Le théùtre du XVIIe au XXIe siĂšcle Ćuvre Marivaux, Les Fausses Confidences Type pĂ©dagogique Prolongement culturel et artistique art théùtre ruse Marivaux confidences 1re G La comĂ©die sociale de La BruyĂšre, théùtre satirique du monde Objet d'Ă©tude La littĂ©rature dâidĂ©es... Ćuvre La BruyĂšre, Les... Type pĂ©dagogique Exploitation de lâĆuvre intĂ©grale 1re G La comĂ©die sociale de La BruyĂšre, théùtre satirique du monde Objet d'Ă©tude La littĂ©rature dâidĂ©es du XVIe au XVIIIe siĂšcle Ćuvre La BruyĂšre, Les CaractĂšres Type pĂ©dagogique Exploitation de lâĆuvre intĂ©grale 1re G La comĂ©die sociale Objet d'Ă©tude La littĂ©rature dâidĂ©es... Ćuvre La BruyĂšre, Les... Type pĂ©dagogique Parcours littĂ©raire 1re G 1re G Masques, visages et comĂ©die sociale Objet d'Ă©tude La littĂ©rature dâidĂ©es... Ćuvre La BruyĂšre, Les... Type pĂ©dagogique Prolongement culturel et artistique 1re G Masques, visages et comĂ©die sociale Objet d'Ă©tude La littĂ©rature dâidĂ©es du XVIe au XVIIIe siĂšcle Ćuvre La BruyĂšre, Les CaractĂšres Type pĂ©dagogique Prolongement culturel et artistique peinture art lippi daumier ensor richter La BruyĂšre 1re G Le combat pour lâĂ©galitĂ© dans la DĂ©claration des droits et de la... Objet d'Ă©tude La littĂ©rature dâidĂ©es... Ćuvre Gouges, La DĂ©claration... Type pĂ©dagogique Exploitation de lâĆuvre intĂ©grale 1re G Le combat pour lâĂ©galitĂ© dans la DĂ©claration des droits et de la femme et de la citoyenne Objet d'Ă©tude La littĂ©rature dâidĂ©es du XVIe au XVIIIe siĂšcle Ćuvre Gouges, La DĂ©claration des droits de la femme et de la citoyenne Type pĂ©dagogique Exploitation de lâĆuvre intĂ©grale littĂ©rature d'idĂ©es Gouges 1re G1re T Peindre, sculpter et combattre pour l'Ă©galitĂ© ! Objet d'Ă©tude La littĂ©rature dâidĂ©es... Ćuvre Gouges, La DĂ©claration... Type pĂ©dagogique Prolongement culturel et artistique 1re G1re T Peindre, sculpter et combattre pour l'Ă©galitĂ© ! Objet d'Ă©tude La littĂ©rature dâidĂ©es du XVIe au XVIIIe siĂšcle Ćuvre Gouges, La DĂ©claration des droits de la femme et de la citoyenne Type pĂ©dagogique Prolongement culturel et artistique littĂ©rature d'idĂ©es Gouges art
IntroductionJean de La Fontaine, nĂ© le 8 juillet 1621 Ă ChĂąteau-Thierry et mort le 13 avril 1695 Ă Paris, est un poĂšte français de grande renommĂ©e, principalement pour ses Fables et dans une moindre mesure pour ses contes. On lui doit Ă©galement des poĂšmes divers, des piĂšces de théùtre et des livrets d'opĂ©ra qui confirment son ambition de moraliste. Proche de Nicolas Fouquet, Jean de La Fontaine reste Ă l'Ă©cart de la cour royale mais frĂ©quente les salons comme celui de Madame de La SabliĂšre et malgrĂ© des oppositions, il est reçu Ă l'AcadĂ©mie française en 1684. MĂȘlĂ© aux dĂ©bats de l'Ă©poque, il se range dans le parti des Anciens dans la fameuse Querelle des Anciens et des Modernes. C'est en effet en s'inspirant des fabulistes de l'AntiquitĂ© grĂ©co-latine et en particulier d'Ăsope, qu'il Ă©crit les Fables qui font sa renommĂ©e. Le premier recueil qui correspond aux livres I Ă VI des Ă©ditions actuelles est publiĂ© en 1668, le deuxiĂšme livres VII Ă XI en 1678, et le dernier livre XII actuel est datĂ© de 1694. Le brillant maniement des vers et la visĂ©e morale des textes, beaucoup plus complexes qu'il n'y paraĂźt Ă la premiĂšre lecture, ont dĂ©terminĂ© le succĂšs de cette Ćuvre Ă part et les Fables de La Fontaine sont toujours considĂ©rĂ©es comme un des plus grands chefs-dâĆuvre de la littĂ©rature française. Le fabuliste a Ă©clipsĂ© le conteur d'autant que le souci moralisant a mis dans lâombre les contes licencieux publiĂ©s entre 1665 et 1674. Biographie Jean de La Fontaine est le fils de Charles de La Fontaine 1594-1658, maĂźtre des Eaux et ForĂȘts et capitaine des chasses du duchĂ© de ChĂąteau-Thierry, et de Françoise Pidoux 1582-1644, issue de la famille Pidoux et fille de Jean Pidoux, seigneur de la MaduĂšre 1550-1610. Il a un frĂšre cadet, prĂ©nommĂ© Claude et nĂ© en 1623. Il a Ă©galement une demi-sĆur aĂźnĂ©e, Anne de Jouy, nĂ©e en 1611 d'une premiĂšre union de sa mĂšre avec Louis de Jouy, commerçant. Issu d'une famille de marchands-drapiers en voie d'anoblissement, il passe ses premiĂšres annĂ©es Ă ChĂąteau-Thierry, dans l'hĂŽtel particulier que ses parents ont achetĂ© en 1617 au moment de leur mariage. Jean de La Fontaine exercera d'ailleurs la charge de maĂźtre particulier jusqu'en 1671. Le poĂšte gardera cette maison jusqu'en 1676, Ă©poque oĂč il connaĂźt des embarras pĂ©cuniaires aprĂšs avoir dilapidĂ© la fortune paternelle. ClassĂ©e monument historique en 1887, la demeure du fabuliste abrite aujourdâhui le musĂ©e Jean-de-La-Fontaine. AnnĂ©es de formation 1641-1658 On dispose de trĂšs peu dâinformations sur les annĂ©es de formation de Jean de La Fontaine. On sait quâil a Ă©tudiĂ© au collĂšge de sa ville natale jusquâen troisiĂšme oĂč il se lie d'amitiĂ© avec François de Maucroix et apprend surtout le latin, mais nâĂ©tudie pas le grec. Un mouvement de ferveur lui inspire dâĂȘtre ecclĂ©siastique, et il entre le 27 avril 1641 au couvent de lâOratoire. Comme il est le fils aĂźnĂ©, il est trĂšs douteux quâil ait Ă©tĂ© encouragĂ© par sa famille dans cette vocation dâautant plus que son frĂšre cadet le rejoint bientĂŽt dans cette institution!, cependant son pĂšre ne sây oppose pas. Mais dĂšs 1642 il renonce Ă l'Ă©tat clĂ©rical, prĂ©fĂ©rant lire L'AstrĂ©e, dâHonorĂ© d'UrfĂ©, et Rabelais, plutĂŽt que saint Augustin,. Il reprend des Ă©tudes de droit Ă Paris et frĂ©quente un cercle de jeunes poĂštes les chevaliers de la table ronde, oĂč il rencontre Pellisson, François Charpentier, Tallemant des RĂ©aux, et Antoine de Rambouillet de La SabliĂšre, qui Ă©pousera la future protectrice du poĂšte Marguerite de La SabliĂšre. Il obtient en 1649, un diplĂŽme dâavocat au parlement de Paris. Entretemps, en 1647, son pĂšre lui organise un mariage de complaisance avec Marie HĂ©ricart 1633-1709, Ă la FertĂ©-Milon. Marie HĂ©ricart est la fille de Louis HĂ©ricart 1605-1641, lieutenant civil et criminel du bailliage de La FertĂ©-Milon, et dâAgnĂšs Petit de Heurtebise 1606-1670. Le contrat de mariage est signĂ© dans cette bourgade proche de ChĂąteau-Thierry le 10 novembre 1647, chez le notaire Thierry François. Il est alors ĂągĂ© de 26 ans et elle de 14 ans et demi. Elle lui donne un fils, Charles 1652-1722. Il se lasse trĂšs vite de son Ă©pouse quâil dĂ©laisse, voici ce qu'en dit Tallemant des RĂ©aux dans ses Historiettes Sa femme dit qu'il resve tellement qu'il est quelque fois trois semaines sans croire estre mariĂ©. C'est une coquette qui s'est assez mal gouvernĂ©e depuis quelque temps il ne s'en tourmente point. On luy dit mais un tel cajolle vostre femmes - Ma foy ! rĂ©pond-il qu'il fasse ce qu'il pourra; je ne m'en soucie point. Il s'en lassera comme j'ay fait. Cette indifĂ©rence a fait enrager cette femme, elle seiche de chagrin. » Ses frĂ©quentations parisiennes, pour ce que lâon en sait, sont celles des sociĂ©tĂ©s prĂ©cieuses et libertines de lâĂ©poque. Son attitude pendant les troubles de la Fronde, de 1648 Ă 1653, est inconnue. L'instabilitĂ© politique et les revirements continuels de cette pĂ©riode ont pu lui inspirer la morale dĂ©sabusĂ©e de certaines fables comme Conseil tenu par les rats ou La Chauve-souris et les Deux Belettes Le Sage dit, selon les gens, Vive le Roi, vive la Ligue ». En 1652, La Fontaine acquiert la charge de maĂźtre particulier triennal des eaux et des forĂȘts du duchĂ© de ChĂąteau-Thierry, Ă laquelle se cumule celle de son pĂšre Ă la mort de celui-ci. TĂąche dont on soupçonne La Fontaine de ne guĂšre sâoccuper avec passion ni assiduitĂ© et quâil revend intĂ©gralement en 1672. En 1652, il a un fils Charles dont il confie l'Ă©ducation Ă son parrain, le chanoine Maucroix. La Fontaine se consacre Ă cette Ă©poque entiĂšrement Ă sa carriĂšre de poĂšte. Il publie son premier texte, une comĂ©die en cinq actes adaptĂ©e de TĂ©rence, LâEunuque, en 1654, qui passe totalement inaperçue,. Au service de Fouquet 1658-1663 En 1658, aprĂšs que La Fontaine et sa femme ont demandĂ© la sĂ©paration de biens par mesure de prudence, il entre au service de Fouquet, surintendant des Finances, auquel, outre une sĂ©rie de poĂšmes de circonstances prĂ©vus par contrat â une pension poĂ©tique » â il dĂ©die le poĂšme Ă©pique Adonis tirĂ© dâOvide et Ă©labore un texte composite Ă la gloire du domaine de son patron, le Songe de Vaux, qui restera inachevĂ©, car Fouquet est arrĂȘtĂ© sur ordre de Louis XIV. Cette arrestation survient au lendemain des fĂȘtes fastueuses que Fouquet avait organisĂ©es en son chĂąteau de Vaux-le-Vicomte et dont La Fontaine donne un compte rendu dĂ©taillĂ© Ă son ami Maucroix,. FidĂšle en amitiĂ©, La Fontaine Ă©crit en faveur de son protecteur en 1662, lâOde au Roi puis lâĂlĂ©gie aux nymphes de Vaux. Certains biographes ont soutenu que cette dĂ©fense de Fouquet alors arrĂȘtĂ© lui avait valu la haine de Jean-Baptiste Colbert, puis celle de Louis XIV lui-mĂȘme, sans que lâon dispose de tĂ©moignages clairs Ă ce sujet. On ne sait pas exactement si son voyage en Limousin en 1663 rĂ©sulte d'un exil ordonnĂ© par lâadministration de Louis XIV ou de la dĂ©cision librement consentie de faire accompagner de sa femme l'oncle Jannart, exilĂ©, qui lui avait prĂ©sentĂ© Fouquet en 1658. Il tire de ce dĂ©placement une Relation dâun voyage de Paris en Limousin il sâagit dâun rĂ©cit de voyage sous forme de lettres en vers et en prose adressĂ©es Ă son Ă©pouse, publiĂ© de façon posthume. Dans ce rĂ©cit, il mentionne sa rencontre avec une servante d'auberge Ă Bellac, ce qui permettra Ă Jean Giraudoux, originaire de ce lieu, de s'imaginer une affiliation avec ce poĂšte, pour qui l'Ă©crivain noue une grande passion. LâapogĂ©e de lâactivitĂ© littĂ©raire 1664-1679 En 1664, il passe au service de la duchesse douairiĂšre dâOrlĂ©ans. La Fontaine partage alors son temps entre Paris et ChĂąteau-Thierry en qualitĂ© de gentilhomme â ce qui assure son anoblissement. Câest le moment oĂč La Fontaine fait une entrĂ©e remarquĂ©e sur la scĂšne littĂ©raire publique avec un premier conte, Joconde ou l'infidĂ©litĂ© des femmes, tirĂ© du chant XXVIII du Roland furieux de l'Arioste. Cette réécriture suscite en effet une petite querelle littĂ©raire, sous forme dâune compĂ©tition avec la traduction quâen a proposĂ©e quelques annĂ©es plus tĂŽt un certain Jean de Bouillon, secrĂ©taire de feu Gaston d'OrlĂ©ans ; le dĂ©bat porte sur la libertĂ© dont peut disposer le conteur par rapport Ă son modĂšle lĂ oĂč le texte de Bouillon est extrĂȘmement fidĂšle, voire parfois littĂ©ral, celui de La Fontaine sâĂ©carte Ă plusieurs reprises du rĂ©cit du Roland furieux. La Dissertation sur la Joconde, dont Nicolas Boileau s'est tardivement attribuĂ© la paternitĂ©, tranche le dĂ©bat de maniĂšre magistrale Ă lâavantage du conte de La Fontaine. Deux recueils des Contes et nouvelles en vers se succĂšdent alors, en 1665 et 1666, dont les canevas licencieux sont tirĂ©s notamment de Boccace et des Cent nouvelles nouvelles. Continuation de cette expĂ©rience narrative mais sous une autre forme brĂšve, cette fois de tradition morale, les Fables choisies et mises en vers, dĂ©diĂ©es au Grand Dauphin, paraissent en 1668. En 1669, La Fontaine ajoute un nouveau genre Ă son activitĂ© en publiant le roman Les amours de PsychĂ© et de Cupidon, qui suscite une relative incomprĂ©hension au vu de sa forme inĂ©dite mĂ©lange de prose et de vers, de rĂ©cit mythologique â cette fois tirĂ© dâApulĂ©e â et de conversations littĂ©raires, le texte contrevient Ă des principes Ă©lĂ©mentaires de lâesthĂ©tique classique. Câest Ă partir de la fiction des quatre amis » que met en scĂšne ce roman que s'est dĂ©veloppĂ©e, dans la critique du XIXe siĂšcle, chez Sainte-Beuve et Ămile Faguet notamment, la thĂ©orie d'une Ă©cole de 1660 » nĂ©e de l'amitiĂ© entre La Fontaine, MoliĂšre, Boileau et Racine, qui auraient posĂ© ensemble les principes d'une esthĂ©tique nouvelle. Cette idĂ©e, cependant, n'a jamais Ă©tĂ© prouvĂ©e de façon conclusive. Les relations entre MoliĂšre et La Fontaine sont bien connues; ce fut mĂȘme La Fontaine qui prĂ©senta MoliĂšre Ă Boileau. Racine et La Fontaine ont eu une correspondance amicale. Quant Ă Boileau, il fait l'apologie de La Fontaine dans sa Dissertation sur la Joconde, et, en 1683, quand il apprend que lui et La Fontaine sont candidats au mĂȘme fauteuil Ă l'AcadĂ©mie française il refuse de faire campagne contre son ami qui est Ă©lu. Mais, sauf dans la correspondance entre Racine et Boileau, il ne nous reste aucune Ă©vidence de discussions d'ordre littĂ©raire ou artistique entre les quatre poĂštes. AprĂšs sa participation Ă un Recueil de poĂ©sies chrĂ©tiennes et diverses Ă©ditĂ© en 1670 par Port-Royal, La Fontaine publie successivement, en 1671, un troisiĂšme recueil de Contes et nouvelles en vers, et un recueil bigarrĂ©, contenant des contes, des fables, des poĂšmes de lâĂ©poque de Fouquet, des Ă©lĂ©gies, sous le titre de Fables nouvelles et autres poĂ©sies. En 1672, meurt la Duchesse dâOrlĂ©ans La Fontaine connaĂźt alors de nouvelles difficultĂ©s financiĂšres ; Marguerite de La SabliĂšre lâaccueille et lâhĂ©berge quelques mois aprĂšs, probablement en 1673. En 1674, La Fontaine se lance dans un nouveau genre lâopĂ©ra, avec un projet de collaboration avec Jean-Baptiste Lully, qui lâavorte. Câest lâoccasion dâune violente satire de La Fontaine contre Lully, registre rare dans son Ćuvre, dans un poĂšme intitulĂ© Le Florentin Lully Ă©tait originaire de Florence. La mĂȘme annĂ©e, un recueil de Nouveaux Contes est publiĂ© â mais cette fois-ci, sans quâon sache trĂšs bien pourquoi, lâĂ©dition est saisie et sa vente interdite si La Fontaine avait chargĂ© le trait anticlĂ©rical et la licence, reste que ces contes demeuraient dans la tradition du genre et dans une topique[Quoi ?] qui rendait relativement inoffensive leur charge. AprĂšs deux recueils de Contes, câest Ă nouveau un recueil de Fables choisies et mises en vers que publie La Fontaine en 1678 et 1679, cette fois-ci dĂ©diĂ© Ă Madame de Montespan, maĂźtresse du Roi ce sont les livres actuellement VII Ă XI des Fables, mais alors numĂ©rotĂ©s de I Ă V. Les annĂ©es 1680, autour de lâAcadĂ©mie PĂ©riode moins faste, oĂč les productions sont quantitativement moins importantes, mais non moins diverses ainsi, en 1682, La Fontaine publie un PoĂšme du Quinquina », poĂšme philosophique dans la maniĂšre revendiquĂ©e de LucrĂšce Ă lâĂ©loge du nouveau mĂ©dicament, et accompagnĂ© de deux nouveaux contes. LâactivitĂ© littĂ©raire des annĂ©es 1665-1679 se solde en 1684 par une Ă©lection, nĂ©anmoins tumultueuse, Ă lâAcadĂ©mie française, sans quâon puisse prĂ©ciser les exactes raisons de cette difficultĂ© on a pu faire lâhypothĂšse que lâadministration louis-quatorziĂšme gardait rancune au poĂšte qui avait publiĂ© deux poĂšmes en faveur de Fouquet lors du procĂšs de celui-ci ; le discours des opposants Ă cette entrĂ©e de La Fontaine Ă lâAcadĂ©mie sâappuie quant Ă lui sur lâaccusation dâimmoralitĂ© lancĂ©e contre les recueils de Contes et nouvelles en vers. Toujours est-il que La Fontaine, aprĂšs une vague promesse de ne plus rimer de contes, est reçu le 2 mai 1684 Ă lâAcadĂ©mie, oĂč, en sus du remerciement traditionnel, il prononce un Discours Ă Madame de La SabliĂšre oĂč il se dĂ©finit, en une formule fameuse, comme papillon du Parnasse ». LâannĂ©e suivante, lâAcadĂ©mie est encore le cadre dâune nouvelle affaire dans laquelle est impliquĂ© La Fontaine Antoine FuretiĂšre, qui en composant son propre dictionnaire a passĂ© outre le privilĂšge de la compagnie en cette matiĂšre, est exclu, et lance une sĂ©rie de pamphlets notamment contre La Fontaine, son ancien ami, quâil accuse de trahison et contre lequel il reprend lâaccusation de libertinage. Câest une autre vieille amitiĂ©, elle sans rupture, qui donne jour, la mĂȘme annĂ©e, aux Ouvrages de prose et de poĂ©sie des sieurs de Maucroix et de La Fontaine ; le recueil contient des traductions de Platon, DĂ©mosthĂšne et CicĂ©ron par François de Maucroix et de nouvelles fables et de nouveaux contes de La Fontaine, qui aura peu attendu pour trousser quelque nouvelle licencieuse. Nouveau scandale, de plus grande ampleur, Ă lâAcadĂ©mie la lecture du poĂšme Le siĂšcle de Louis Le Grand de Charles Perrault dĂ©clenche la Querelle des Anciens et des Modernes, dans laquelle La Fontaine se range, non sans ambiguĂŻtĂ©s, du cĂŽtĂ© des Anciens, par une ĂpĂźtre Ă Monsieur de Soissons, prĂ©texte Ă une dĂ©claration de principes littĂ©raires, dont la plus fameuse reste Mon imitation nâest point un esclavage ». Les derniĂšres annĂ©es et les derniĂšres fables 1689-1695 Une sĂ©rie de fables est publiĂ©e en revue entre 1689 et 1692, qui est rassemblĂ©e en 1693 avec des inĂ©dites et celles de 1685, dans un ultime recueil, notre actuel livre XII, dĂ©diĂ© au duc de Bourgogne, fils aĂźnĂ© du Grand Dauphin, et Ă ce titre hĂ©ritier prĂ©somptif de la Couronne. La Fontaine tombe gravement malade fin 1692, vraisemblablement de la tuberculose. Il demande alors Ă voir un prĂȘtre, et le curĂ© de l'Ă©glise Saint-Roch lui envoie le jeune abbĂ© Pouget, qui vient d'obtenir son doctorat de thĂ©ologie. Celui-ci s'applique Ă lui faire abjurer sa vie Ă©picurienne et ses Ă©crits anticlĂ©ricaux, et le soumet quotidiennement Ă des exercices religieux. Il reçoit l'extrĂȘme-onction le 12 fĂ©vrier 1693. Sont prĂ©sents des membres de l'AcadĂ©mie française, des amis, et des prĂȘtres. La Fontaine annonce renoncer Ă l'Ă©criture et Ă la publication de ses contes et fables. Cet Ă©vĂ©nement est en particulier rapportĂ© par un rĂ©cit de l'abbĂ© Pouget, en 1718, mais ne figure pas sur les registres de l'AcadĂ©mie. Il promet Ă©galement de n'Ă©crire que des ouvrages pieux. Il traduira ainsi le Dies irĂŠ, qu'il fera lire devant l'AcadĂ©mie le jour de l'introduction de Jean de La BruyĂšre. Il meurt le 13 avril 1695 au 61 rue PlatriĂšre. En procĂ©dant Ă sa toilette mortuaire, on trouve sur son corps un cilice, pĂ©nitence que l'abbĂ© Pouget jure ne pas avoir ordonnĂ©e. Il est inhumĂ© le lendemain au cimetiĂšre des Saints-Innocents comme le stipule son acte de dĂ©cĂšs, reconstituĂ© aprĂšs l'incendie de l'HĂŽtel de Ville en 1871. Son tombeau, ainsi que celui de MoliĂšre inhumĂ© au cimetiĂšre Saint-Joseph, est transportĂ© au musĂ©e des monuments français, lors de la dĂ©molition de la chapelle et du cimetiĂšre, au commencement de la RĂ©volution française. Les restes supposĂ©s de La Fontaine sont transfĂ©rĂ©s en 1817 avec ceux de MoliĂšre au cimetiĂšre du PĂšre-Lachaise. La Fontaine avait composĂ© lui-mĂȘme son Ă©pitaphe, oĂč il s'attribue un caractĂšre dĂ©sinvolte et paresseux. Cette paresse revendiquĂ©e peut ĂȘtre associĂ©e Ă la facilitĂ© de ses Ćuvres, qui n'est pourtant qu'apparente Chronologie 1617 mariage des parents du fabuliste, Charles de La Fontaine, dâorigine champenoise, et Françoise Pidoux, dâorigine poitevine. La mĂȘme annĂ©e verra l'assassinat de Concini, puis la fin de la rĂ©gence de Marie de MĂ©dicis. Jean de La Fontaine est baptisĂ© Ă ChĂąteau-Thierry le 8 juillet 1621, oĂč il est nĂ© le jour mĂȘme ou la veille dans lâhĂŽtel particulier de ses parents. Son pĂšre porte le titre de Conseiller du Roi et MaĂźtre des Eaux et ForĂȘts du duchĂ© de Chaury » ChĂąteau-Thierry. Il est aussi capitaine des chasses. Louis XIII fait face aux soulĂšvements protestants. La fiĂšvre pourpre emporte Charles d'Albert, duc de Luynes, le 15 dĂ©cembre 1621. Le 26 septembre 1623 est cĂ©lĂ©brĂ© le baptĂȘme de Claude, frĂšre du fabuliste. Publication Ă Paris de lâAdonis du Cavalier Marin, avec prĂ©face de Jean Chapelain. En 1623 se tient le ProcĂšs de ThĂ©ophile de Viau. Vers 1630 les Ă©tudes de La Fontaine restent mal connues. Probablement les commence-t-il au collĂšge de ChĂąteau-Thierry, un Ă©tablissement rĂ©putĂ©, pour les achever vers 1635, dans un collĂšge parisien oĂč il a Antoine FuretiĂšre pour condisciple. La Fontaine entre le 27 avril 1641 Ă la maison mĂšre de lâOratoire Ă Paris, oĂč il est rejoint par son frĂšre Claude. Il poursuit ses Ă©tudes peut-ĂȘtre Ă Juilly et revient Ă Paris Ă la maison de Saint-Magloire pour Ă©tudier la thĂ©ologie jusqu'en 1642. En 1643, au bout de 18 mois, La Fontaine quitte lâOratoire pour rentrer Ă ChĂąteau-Thierry, et sa vocation poĂ©tique sâĂ©veille alors semble-t-il. La mort de Richelieu survient en 1642 puis Louis XIII disparaĂźt Ă son tour le 14 mai 1643. Cinq jours plus tard le 19 mai, Louis de Bourbon, Duc d'Enghien est victorieux Ă Rocroi. La Fontaine vient Ă©tudier le droit Ă Paris vers 1646 ; il acquiert le titre dâavocat en la Cour du Parlement. Avec dâautres jeunes poĂštes, habituĂ©s du Palais, il fait partie dâune petite acadĂ©mie littĂ©raire et amicale dite de la Table Ronde ». Ces palatins sont Pellisson, FuretiĂšre, Maucroix, Charpentier, Cassandre. Il fait la connaissance dâautres hommes de lettres Conrart, Chapelain, Patru, Perrot dâAblancourt, les Tallemant, Antoine de La SabliĂšre⊠1647 le 10 novembre, signature du contrat de mariage entre le poĂšte et Marie HĂ©ricart Ă La FertĂ©-Milon. Son pĂšre lâa mariĂ©, et lui lâa fait par complaisance ». La mĂšre du poĂšte, vivante en 1634, est morte Ă la date du contrat. En avril, Maucroix avait achetĂ© une prĂ©bende de chanoine Ă Reims. Il restera lâami de La Fontaine jusquâĂ la mort de celui-ci. Parution de l'Ă©dition originale De Vita et Moribus Epicuri de Gassendi. En 1649 Claude, confrĂšre de lâOratoire, renonce en faveur de Jean Ă sa part dâhĂ©ritage, moyennant pension. En 1652, La Fontaine achĂšte la charge de maĂźtre particulier triennal des Eaux et ForĂȘts. Naissance de son fils Charles, baptisĂ© le 30 octobre 1653 Ă ChĂąteau-Thierry. Maucroix est choisi pour parrain. Le pĂšre ne sâoccupera jamais beaucoup de son fils. Entre temps, en aoĂ»t 1653, La Fontaine vend une propriĂ©tĂ© sise Ă Oulchy-le-ChĂąteau. 1654 en aoĂ»t, sa premiĂšre Ćuvre est publiĂ©e L'Eunuque, comĂ©die en vers imitĂ©e de TĂ©rence. Le pĂšre du poĂšte disparaĂźt en 1658 laissant Ă son fils ses charges, peu lucratives et une succession embrouillĂ©e comportant de lourdes dettes. Par mesure de prudence, La Fontaine et sa femme demandent la sĂ©paration de biens. Le mĂ©nage lui-mĂȘme nâest guĂšre uni, par la faute probable du poĂšte, mari indiffĂ©rent. AprĂšs juin, La Fontaine offre Ă Fouquet son Adonis. Jannart, oncle de Marie HĂ©ricart, est substitut de Fouquet au Parlement et Pellisson, ami de La Fontaine, est au service du surintendant. Entre 1659 et 1661, La Fontaine reçoit de Fouquet une pension en espĂšces, en Ă©change d'une pension poĂ©tique ». Il doit aussi composer un ouvrage en lâhonneur de Vaux-le-Vicomte il entreprend le Songe de Vaux. Le couple habite tantĂŽt Ă Paris, chez Jannart, tantĂŽt Ă ChĂąteau-Thierry pour les devoirs de ses charges, mais il frĂ©quente le chĂąteau de Fouquet, se lie avec Charles Perrault, Saint-Evremond, Madeleine de ScudĂ©ry. Paix des PyrĂ©nĂ©es. Les Rieurs de Beau Richard sont jouĂ©s au carnaval de ChĂąteau-Thierry en 1660. Dans cette ville existe une AcadĂ©mie Ă laquelle sâintĂ©resse La Fontaine et encore plus sa femme. En 1660-1661, La Fontaine se lie avec Racine dĂ©butant, cousin de Marie HĂ©ricart. En 1661, le 17 aoĂ»t a lieu la fĂȘte de Vaux au cours de laquelle La Fontaine assiste Ă la premiĂšre reprĂ©sentation des FĂącheux de MoliĂšre. Vers mars 1662, publication anonyme de lâĂlĂ©gie aux Nymphes de Vaux. La Fontaine devient gentilhomme servant » de la duchesse douairiĂšre d'OrlĂ©ans au Luxembourg, mais il loge toujours chez Jannart. La Fontaine entre au service de Marguerite de Lorraine, duchesse douairiĂšre d'OrlĂ©ans, en juillet 1664. Le 10 dĂ©cembre, achevĂ© d'imprimer les Nouvelles en vers, contenant les deux premiers contes de La Fontaine. 1665 le 10 janvier, achevĂ© d'imprimer le livre premier des Contes et nouvelles en vers. Le 30 juin, achevĂ© d'imprimer dâune traduction de la CitĂ© de Dieu de saint Augustin, dont les citations poĂ©tiques ont Ă©tĂ© rendues en vers français par La Fontaine ; le deuxiĂšme tome paraĂźtra en 1667. 1666 achevĂ© d'imprimer le livre second des Contes et nouvelles en vers. Parution en 1669 Les Amours de PsychĂ© et Cupidon, roman suivi de l'Adonis, imprimĂ© pour la premiĂšre fois. Le 21 janvier 1671 La Fontaine quitte ses charges rachetĂ©es par le duc de Bouillon, et perd cette source de revenus. Publication du recueil de PoĂ©sies chrĂ©tiennes et diverses, dĂ©diĂ© au prince de Conti. La Fontaine a beaucoup contribuĂ© Ă la prĂ©paration de ce recueil jansĂ©niste achevĂ© d'imprimer le 20 dĂ©cembre 1670. Le 27 janvier, TroisiĂšme partie des Contes. Le 12 mars Fables nouvelles et autres poĂ©sies huit fables. En janvier a Ă©tĂ© reprĂ©sentĂ©e la PsychĂ© de MoliĂšre et Corneille, Quinault et Lulli, inspirĂ©e du roman de La Fontaine. La Fontaine perd sa derniĂšre charge Ă la mort de la duchesse douairiĂšre d'OrlĂ©ans en 1672. Deux fables Le Soleil et les Grenouilles, Le CurĂ© et le mort sont publiĂ©es sĂ©parĂ©ment cependant que la France est engagĂ©e dans l'Invasion de la Hollande. ParaĂźt cette mĂȘme annĂ©e le Discours de la connaissance des bĂȘtes par P. Pardies. C'est sans doute Ă partir de 1673 que Marguerite de La SabliĂšre hĂ©berge Jean de La Fontaine. JusquâĂ ce qu'elle meure en 1693, elle pourvoira Ă ses besoins. Dans son hĂŽtel, il peut rencontrer Charles Perrault, Bernier qui a longuement sĂ©journĂ© en Inde est mĂ©decin et disciple de Gassendi, bon nombre de savants tels que Roberval et Sauveur. Publication du PoĂšme de la captivitĂ© de Saint-Malc, sujet sans doute suggĂ©rĂ© par des amis jansĂ©nistes. Le 17 fĂ©vrier, mort de MoliĂšre, pour qui La Fontaine rĂ©dige une Ă©pitaphe. Madame de Montespan et de sa sĆur Madame de Thianges lui accorde leur protection en 1674. En contrepartie La Fontaine a pout mission d'Ă©crire un livret d'opĂ©ra sur DaphnĂ© pour Lully, qui le refuse d'oĂč la satire du Florentin, restĂ©e manuscrite pendant 17 ans. Publication des Nouveaux Contes, trĂšs licencieux. ĂpĂźtres, destinĂ© Ă Turenne, membre de la famille de Bouillon qui tient personnellement La Fontaine en amitiĂ©. En juillet, l'Art poĂ©tique de Boileau n'accorde aucune mention Ă la fable, ni Ă La Fontaine. En 1675, les Nouveaux Contes sont interdits Ă la vente par ordonnance de La Reynie, lieutenant de police. Le 27 juillet, Turenne est tuĂ© Ă la bataille de Salzbach. Bernier publie l'AbrĂ©gĂ© de la Philosophie de Gassendi. En 1676, La Fontaine vend Ă son cousin Antoine Pintrel sa maison natale et achĂšve de payer les dettes paternelles. La duchesse de Bouillon, protectrice de La Fontaine, et son frĂšre le duc de Nevers cabalent contre la PhĂšdre de Racine en 1677. La paix de NimĂšgue aoĂ»t 1678 est cĂ©lĂ©brĂ©e par La Fontaine dans plusieurs piĂšces, tandis qu'entre 1678 et 1679 paraĂźt une nouvelle Ă©dition des Fables choisies, dĂ©diĂ©es Ă Madame de Montespan. 1680 voit l'exil Ă NĂ©rac de la duchesse de Bouillon compromise dans l'affaire des poisons, la mort de La Rochefoucauld, la mort de Fouquet Ă Pignerol. Marguerite de La SabliĂšre se convertit au catholicisme. Veuve, ayant mariĂ© ses trois enfants, abandonnĂ©e par La Fare son amant, elle se consacre au soin des malades et va loger rue Saint-HonorĂ©, et elle installe La Fontaine prĂšs de sa nouvelle demeure. Le 1er aoĂ»t 1681 achevĂ© d'imprimer des ĂpĂźtres de SĂ©nĂšque les lettres Ă Lucilius traduites par Pierre Pintrel, cousin de La Fontaine qui lui-mĂȘme a traduit en vers les citations poĂ©tiques et a fait publier l'ouvrage. En janvier 1682, PoĂšme du Quinquina, dĂ©diĂ© Ă la duchesse de Bouillon, suivi de deux contes, de GalatĂ©e, et de DaphnĂ©, livrets d'opĂ©ra. Vers cette Ă©poque, La Fontaine entreprend une tragĂ©die, Achille, restĂ©e inachevĂ©e. Naissance du duc de Bourgogne. PremiĂšre reprĂ©sentation Ă la ComĂ©die Française du Rendez-vous, le 6 mai 1683, comĂ©die de La Fontaine qui n'a aucun succĂšs et dont le texte est perdu. Le 6 septembre Ă la mort de Colbert, La Fontaine brigue son siĂšge Ă l'AcadĂ©mie française alors que Louis XIV souhaite voir Ă©lire Boileau, son historiographe. Le 15 novembre. L'AcadĂ©mie, en majoritĂ© hostile au satirique, propose La Fontaine par seize voix contre sept. La sĂ©ance a Ă©tĂ© agitĂ©e, en raison de la colĂšre manifestĂ©e par Toussaint Rose, secrĂ©taire du roi. Louis XIV en prend prĂ©texte pour refuser l'autorisation de consommer » l'Ă©lection. Boileau est Ă©lu Ă l'unanimitĂ© le 17 avril 1684, et le roi accorde alors l'autorisation de recevoir La Fontaine. Le fabuliste est reçu le 2 mai, rĂ©ception pour une lecture du Discours Ă Madame de La SabliĂšre. A la demande du prince de Conti, La Fontaine Ă©crit La Comparaison d'Alexandre, de CĂ©sar et de Monsieur le Prince de CondĂ©. CondĂ© lui-mĂȘme estime La Fontaine et le voit volontiers Ă Chantilly. En janvier 1685, l'AcadĂ©mie exclut FuretiĂšre, coupable d'avoir obtenu par surprise un privilĂšge pour son Dictionnaire, achevĂ© avant celui de l'AcadĂ©mie. La Fontaine vote l'exclusion et subit les virulentes attaques de son ancien ami, auquel il rĂ©plique par des Ă©pigrammes. Le 28 juillet, achevĂ© d'imprimer des Ouvrages de prose et de poĂ©sie des seigneurs de Maucroix et de La Fontaine en deux volumes, dont le premier contient de nouveaux contes, et le second de nouvelles fables et dâautres piĂšces. En 1686 dĂ©but de la guerre de la Ligue d'Augsbourg. Perrault lit son poĂšme du SiĂšcle de Louis Le Grand, protestation de Boileau. La Querelle des Anciens et des Modernes Ă©clate. En fĂ©vrier, lâEpĂźtre Ă Huet est imprimĂ©e en plaquette Ă tirage restreint, le fabuliste soutient les Anciens. En juillet, Marie-Anne, duchesse de Bouillon doit se rĂ©fugier en Angleterre auprĂšs de sa sĆur Hortense, amie de Saint-Evremond exilĂ©. La Fontaine entretient une correspondance suivie avec eux et quelques amis du groupe de Londres qui comprend entre autres, les diplomates Bonrepaux et Barrillon. Marguerite de La SabliĂšre se retire aux Incurables en 1688 mais continue Ă assurer le logis de La Fontaine. Le poĂšte devient un familier du prince François-Louis de Conti dans le milieu trĂšs libre du Temple des VendĂŽme, chez qui il retrouve Chaulieu. Il chaperonne un moment la scandaleuse Madame Ulrich. Les caractĂšres de La BruyĂšre le portrait de La Fontaine nây entrera quâĂ la 6e Ă©dition, en 1691. CrĂ©ation dâAstrĂ©e le 28 novembre 1691 Ă lâAcadĂ©mie de musique, une tragĂ©die en musique de Pascal Collasse gendre de Lully, sur un livret de Jean de La Fontaine d'aprĂšs L'AstrĂ©e d'HonorĂ© d'UrfĂ© ; il n'y eut que 6 reprĂ©sentations. Gravement malade en dĂ©cembre 1692, La Fontaine est converti par lâabbĂ© Pouget, jeune vicaire de St Roch. Il renie les Contes devant une dĂ©lĂ©gation de lâAcadĂ©mie le 12 fĂ©vrier 1693, reçoit le viatique et se rĂ©tablit. Sa bienfaitrice, Marguerite de La SabliĂšre est morte en janvier, Pellisson le 7 fĂ©vrier. Ses amis dâAngleterre tentent de persuader La Fontaine de venir sâinstaller Ă Londres. Il refuse obstinĂ©ment et devient lâhĂŽte dâAnne dâHervart, maĂźtre des requĂȘtes au Parlement de Paris, fils de banquier et extrĂȘmement riche, mariĂ© Ă Françoise de Bretonvilliers. Le 1er septembre, achevĂ© dâimprimer des Fables choisies, portant la date de 1694, et constituant le livre XII. En octobre-novembre, La Fontaire adresse des remarques Ă Maucroix sur sa traduction dâAstĂ©rius. 1694 est aussi l'annĂ©e de naissance de Voltaire. La Fontaine est pris de faiblesse en revenant de lâAcadĂ©mie le 8 fĂ©vrier 1695. Il meurt le 13 avril chez les dâHervart, dans lâhĂŽtel du mĂȘme nom situĂ© dans la rue de la PlĂątriĂšre, actuelle rue Jean-Jacques-Rousseau. En procĂ©dant Ă la toilette mortuaire, on trouve sur lui un cilice. Il est inhumĂ© au cimetiĂšre des Saints-Innocents ou au cimetiĂšre de la chapelle Saint-Joseph. Par suite dâune erreur commise sur ce point par dâOlivet dans lâHistoire de lâAcadĂ©mie, les commissaires de la Convention exhumeront en 1792, des ossements anonymes pour leur Ă©lever un mausolĂ©e au cimetiĂšre du PĂšre-Lachaise. Son tombeau ainsi que celui de MoliĂšre inhumĂ© au mĂȘme endroit, furent transportĂ©s au musĂ©e des monuments français lors de la dĂ©molition de la chapelle et du cimetiĂšre au commencement de la RĂ©volution française. En 1696 paraĂźssent les Ćuvres posthumes contenant une dĂ©dicace signĂ©e par Madame Ulrich. 1709 dĂ©plore la mort de Marie HĂ©ricart, veuve du poĂšte et en 1723, la mort de Charles, fils unique du poĂšte. Regards sur lâĆuvre Les Fables Ses Fables constituent la principale Ćuvre poĂ©tique de la pĂ©riode classique[rĂ©f. nĂ©cessaire], et lâun des plus grands chefs-dâĆuvre de la littĂ©rature française. Le tour de force de La Fontaine est de donner par son travail une haute valeur Ă un genre qui jusque-lĂ nâavait aucune dignitĂ© littĂ©raire et n'Ă©tait rĂ©servĂ© qu'aux exercices scolaires de rhĂ©torique et de latin. Les Fables choisies, mises en vers par M. de La Fontaine ou plus simplement Les Fables est une Ćuvre Ă©crite entre 1668 et 1694. Il sâagit, comme son nom lâindique, dâun recueil de fables Ă©crites en vers, la plupart mettant en scĂšne des animaux anthropomorphes et contenant une morale au dĂ©but ou Ă la fin. Le premier recueil des Fables publiĂ© correspond aux livres I Ă VI des Ă©ditions actuelles. Il a Ă©tĂ© publiĂ© en 1668, et Ă©tait dĂ©diĂ© au Dauphin. La Fontaine insiste sur ses intentions morales je me sers dâanimaux pour instruire les hommes. » Le deuxiĂšme recueil des fables correspond aux livres VII Ă XI des Ă©ditions modernes. Il est publiĂ© en 1678, et Ă©tait dĂ©diĂ© Ă Madame de Montespan, la maĂźtresse du roi. Le dernier recueil publiĂ© correspond au livre XII actuel. Il est publiĂ© en 1693, mais datĂ© de 1694. Il est dĂ©diĂ© au duc de Bourgogne, le petit-fils du roi. Travail de réécriture des fables dâĂsope par exemple La Cigale et la Fourmi, de PhĂšdre, AbstĂ©mius, de Pañchatantra Pilpay, mais aussi de textes dâHorace, de Tite-Live les Membres et lâestomac », de lettres apocryphes dâHippocrate DĂ©mocrite et les AbdĂ©ritains », et de bien dâautres encore, elles constituent une somme de la culture classique latine et grecque, et sâouvrent mĂȘme dans le second recueil Ă la tradition indienne. Au dĂ©but du XIXe siĂšcle, elles influenceront Ă leur tour le fabuliste russe Ivan Krylov. Les Contes Le fabuliste a Ă©clipsĂ© le conteur, dont les textes sont ici en vers. La crispation religieuse de la fin du rĂšgne de Louis XIV, et plus tard la pudibonderie du XIXe siĂšcle, ont mis dans lâombre ces contes licencieux dont le dĂ©fi poĂ©tique consiste Ă jouer de lâimplicite pour ne pas nommer la sexualitĂ©, Ă dire sans dire », dans un jeu de dĂ©robade et de provocation reposant sur la complicitĂ© du lecteur. La Fontaine connaĂźt ses premiers succĂšs littĂ©raires grĂące Ă ces Contes et nouvelles en vers qualifiĂ©s de licencieux, libertins, coquins, grivois, lestes, Ă©rotiques ou encore gaillards. La Fontaine s'inscrit dans une vieille tradition littĂ©raire mais le fait Ă sa maniĂšre, en transformant les contes grossiers en Ćuvres plus raffinĂ©es. Il prend ainsi soin d'emprunter des dĂ©tours, de suggĂ©rer, de voiler ses propos pour les rendre plus amusants. DĂšs la sortie de son recueil de conte, les critiques applaudissent et le succĂšs est tel qu'il faut rĂ©imprimer l'ouvrage par deux fois au cours de l'annĂ©e. La Fontaine est enfin cĂ©lĂšbre, avec une rĂ©putation particuliĂšre il est qualifiĂ© d'excellent conteur doublĂ© d'un esprit libre et original. La Fontaine a menĂ© simultanĂ©ment ces deux activitĂ©s, jusquâĂ joindre des contes Ă lâultime recueil de fables de 1693 bien plus quâun laboratoire de la narration enjouĂ©e des Fables, les Contes pourraient bien participer dâune mĂȘme entreprise, celle dâune narration poĂ©tique sous le signe dâune gaietĂ© sans illusions. LâĆuvre de La Fontaine offre la figure, exemplaire, dâune sagesse dĂ©sabusĂ©e elle choisit, comme le DĂ©mocrite de la fable DĂ©mocrite et les AbdĂ©ritains, la retraite mĂ©ditative plutĂŽt que la vie de la citĂ© dâAbdĂšre soumise aux pensers du vulgaire, et, face Ă la violence forcenĂ©e du rĂ©el elle prĂ©fĂšre, contre lâHĂ©raclite de lâHistoire, le rire plutĂŽt que les pleurs. DiffĂ©rentes versions d'une mĂȘme gravure Quelques vers de Jean de La Fontaine devenus proverbes Tout flatteur vit aux dĂ©pens de celui qui lâĂ©coute. Le Corbeau et le renard, l, 2 La raison du plus fort est toujours la meilleure. Le Loup et lâAgneau, l, 10 Si ce nâest toi, c'est donc ton frĂšre. Le Loup et lâAgneau, l, 10 PlutĂŽt souffrir que mourir, câest la devise des hommes. La Mort et le BĂ»cheron, l, 16 Garde toi, tant que tu vivras, de juger les gens sur la mine. Le cochet, le chat et le souriceau, Vl, 5 Je plie et ne romps pas. Le ChĂȘne et le Roseau, l, 22 Il faut autant quâon peut obliger tout le monde On a souvent besoin dâun plus petit que soi. Le Lion et le Rat, II, 11 Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. Le Lion et le Rat, II, 11 Est bien fou du cerveau qui prĂ©tend contenter tout le monde et son pĂšre. Le Meunier, son Fils et lâĂne, III, 1 Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. Le Renard et les Raisins, III, 11 La mĂ©fiance est mĂšre de la sĂ»retĂ©. Le Chat et un vieux Rat, III, 18 Petit poisson deviendra grand. Le Petit Poisson et le PĂȘcheur, V, 3 Un tiens vaut, ce dit-on, mieux que deux tu lâauras. Le Petit Poisson et le PĂȘcheur, V, 3 Le travail est un trĂ©sor. Le Laboureur et ses Enfants, V, 9 Rien ne sert de courir ; il faut partir Ă point. Le liĂšvre et la tortue, VI, 10 Aide-toi, le Ciel tâaidera. Le Chartier embourbĂ©, VI, 18 Selon que vous serez puissant ou misĂ©rable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. Les Animaux malades de la peste, VII, 1 Tel est pris qui croyait prendre. Le Rat et l'HuĂźtre, VIII, 9 Amour, Amour, quand tu nous tiens / On peut bien dire Adieu prudence. Le Lion amoureux, IV, 1 Mais les ouvrages les plus courts sont toujours les meilleurs⊠Discours Ă M. le duc de La Rochefoucauld, X, 14 Que de tout inconnu le sage se mĂ©fie. Le Renard, le Loup et le Cheval, XII, 17 Il ne faut jamais vendre la peau de lâours / Quâon ne lâait mis par terre L'Ours et les deux Compagnons, V, 20 Quâon me rende impotent, cul-de-jatte, goutteux, manchot, pourvu quâen somme je vive, câest assez, je suis plus que content. Ne viens jamais, ĂŽ Mort; on tâen dit tout autant. » La Mort et Le Malheureux, I, 15 Les dĂ©licats sont malheureux rien ne sauroit les satisfaire. Contre Ceux Qui Ont Le GoĂ»t Difficile, II, 1 Si Dieu mâavait fait naĂźtre propre Ă tirer marrons du feu, certes marrons verraient beau jeu. Le Singe et le Chat, IX, 17 Ventre affamĂ© n'a point d'oreilles Le Milan et le Rossignol, IX, 18 Ă lâĆuvre on connaĂźt l'artisan Les Frelons et les Mouches Ă miel, I, 21Ćuvres LâEunuque 1654, imitĂ© de L'Eunuque de TĂ©rence [lire en ligne] Adonis 1658, publiĂ© en 1669 Les Rieurs du Beau-Richard 1659 ĂlĂ©gie aux nymphes de Vaux 1660 Ode au roi 1663 Contes et nouvelles en vers 1665, 1666 Fables 1668, 1678, 1693 Les Amours de PsichĂ© et de Cupidon et Adonis 1669 [lire en ligne] Recueil de poĂ©sies chrĂ©tiennes et diverses 1671 lire en ligne et ClymĂšne 1671 PoĂšme de la captivitĂ© de saint Malc 1673 [lire en ligne] DaphnĂ© 1674 PoĂšme du Quinquina 1682 [lire en ligne] Ouvrages de prose et de poĂ©sie 1685 [lire en ligne] AstrĂ©e 1691 [lire en ligne]Iconographie, adaptations, filmographie 1838 Les Deux Pigeons, comĂ©die-vaudeville en quatre actes de Saintine et Michel Masson, créée au Théùtre du Palais-Royal 1936 Peintures murales du groupe scolaire Jules Ferry Ă Conflans-Sainte-Honorine par un peintre inconnu 1953 Fresque peinte dans l'Ă©cole maternelle Bel Air Ă Saint-Servan, aujourd'hui Saint-Malo, par l'artiste peintre Geoffroy Dauvergne, 1922-1977 partiellement recouverte de toile de verre. 2007 Jean de la Fontaine, le dĂ©fi, film rĂ©alisĂ© par Daniel La Fontaine de son vivant a collaborĂ© avec trois compositeurs, mais il n'obtient pas la reconnaissance escomptĂ©e. Le livret de DaphnĂ© prĂ©sentĂ© en 1674, publiĂ© en 1691 a Ă©tĂ© refusĂ© par Lully. La postĂ©ritĂ© seule va lui rendre justice et ĂȘtre Ă l'origine de nombreuses crĂ©ations musicales. En voici quelques-unes Les Amours d'Acis et de GalatĂ©e opĂ©ra en 3 actes de Marc-Antoine Charpentier perdu, livret de La Fontaine incomplet, 3e acte non rĂ©digĂ© 1682 Brillantes fleurs, naissez » air, extrait des Amours d'Acis et de GalatĂ©e de Marc-Antoine Charpentier 1689 AstrĂ©e, tragĂ©die lyrique en 3 actes et 1 prologue 1691 de Pascal Collasse, livret de La Fontaine L'Huitre et les Plaideurs ou le Tribunal de la Chicane, opĂ©ra-comique, livret de Michel-Jean Sedaine de François-AndrĂ© Danican Philidor 1759 Les Paladins, opĂ©ra tirĂ© du conte Le petit chien qui secoue de l'argent et des pierreries », de Jean-Philippe Rameau 1760 L'Ivrogne corrigĂ© 1760, opĂ©ra-comique inspirĂ© de la fable L'Ivrogne et sa femme » ; L'Arbre enchantĂ© ou Le Tuteur dupĂ© 1759, opĂ©ra-comique inspirĂ© du conte La Fiançée du Roi de Garbe » de Christoph Willibald Gluck Les deux chasseurs et la laitiĂšre, ComĂ©die en 1 acte. Livret de Louis Anseaume. 1re reprĂ©sentation Paris, 21 juillet 1763 Les Femmes et le Secret, comĂ©die en un acte meslĂ©e d'ariettes de Pierre Vachon 1767 Le Savetier et le financier, opĂ©ra comique de Henri-Joseph Rigel 1778 Le Magnifique, opĂ©ra comique d'aprĂšs le conte du mĂȘme nom, de AndrĂ© GrĂ©try 1773 LâĂclipse totale ou lâAstrologue, une comĂ©die en un acte mĂȘlĂ©e dâariettes de Nicolas Dalayrac d'aprĂšs la fable L'Astrologue qui se laisse tomber dans un puits 1782 6 Fables, de Jacques Offenbach 1842 Le ChĂšne et le Roseau », de Pauline Viardot 1843 La Cigale et la Fourmi », de Camille Saint-SaĂ«ns 1850 ? Le Financier et le Savetier, opĂ©rette-bouffe en 1 acte de Jacques Offenbach 1856 La Colombe, opĂ©ra-comique en 2 actes d'aprĂšs la fable Le Faucon et le Chapon, de Charles Gounod 1860 Philemon et Baucis, opĂ©ra-comique en 2 actes d'aprĂšs la fable du mĂȘme nom, de Charles Gounod 1860 La Fiançée du Roi de Garbe, opĂ©ra d'aprĂšs le conte du mĂȘme nom, de Daniel François Esprit Aubert 1864 6 Fables, de Benjamin Louis Paul Godard 1872 6 Fables, de Charles Lecoq 1872 Fables de La Fontaine Les deux Pigeons, La Cigale et la Fourmi, de Charles Gounod 1882 Les deux Pigeons », ballet de AndrĂ© Messager 1886 Petits airs français du XVIIe siĂšcle sur des fables choisies dans le goĂ»t de Mr de la Fontaine, de Dauphin LĂ©opold 1886 Conseil tenu par les Rats », de Isaac Albeniz 1890 Le ChĂȘne et le Roseau, poĂšme symphonique de Camille Chevillard 1890 3 Fables de Jean de La Fontaine, Le Corbeau et le Renard, La Cigale et la Fourmi, Le Loup et l'Agneau, de AndrĂ© Caplet 1919 La Cigale et la Fourmi » Strekosa i Muravej, de Dmitri Chostakovitch 1921 L'Oiseau blessĂ© d'une flĂšche », Le Chat et le Rat », de Heitor Villa-Lobos 1922 Les Deux Pigeons, Un Animal dans la Lune, de Stefan Wolpe 1925 3 Fables, La Cigale et la Fourmi », L'Oiseau blessĂ© d'une flĂšche », La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bĆuf », de Marcelle de Manziarly 1935 Les Animaux modĂšles, de Francis Poulenc 1940 - 1941 La Cigale et la Fourmi, de Joseph Jongen 1941 Conseil tenu par les Rats », La Femme noyĂ©e », de Florent Schmitt 1948 et 1953 Le Coq et le Renard », de Jean Françaix 1963 Ăpitaphe de La Fontaine, Le Loup et l'Agneau, de RenĂ© Berthelot 1969 Notations sur La Fontaine, de Pierre Henry 1995 Hommage Ă Jean de La Fontaine Chantefables, pour chĆurs d'enfants, chĆurs mixtes et orchestre, de Ida Gotgovsky 1997 7 Fables de La Fontaine, de Xavier Benguerel 1998 Les deux chasseurs et la laitiĂšre, d'Emmanuel Clerc, opĂ©ra en un acte 2021TĂ©lĂ©vision Secrets d'histoire Jean de La Fontaine, l'homme Ă fables, sur France 3 du 22 aoĂ»t 2019. Jean de la Fontaine, l'homme qui aimait les fables, Zadig productions, Arte France, Pascale BouhĂ©nic, En 2015, Jean de La Fontaine est le quatorziĂšme personnage le plus cĂ©lĂ©brĂ© au fronton des 67 000 Ă©tablissements publics français pas moins de 335 Ă©coles, collĂšges et lycĂ©es lui ont donnĂ© son nom, derriĂšre Joseph 880, Jules Ferry 642, Notre-Dame 546, Jacques PrĂ©vert 472, Jean Moulin 434, Jean JaurĂšs 429, Jeanne d'Arc 423, Antoine de Saint-ExupĂ©ry 418, Sainte Marie 377, Victor Hugo 365, Louis Pasteur 361, Marie Curie 360, Pierre Curie 357, Paul Langevin 296. Ă Paris, il existe une statue de lui jardin du Ranelagh 16e arrondissement. Galerie Notes et rĂ©fĂ©rences Voir aussi Bibliographie Jean de La Fontaine de l'AcadĂ©mie française, dans Charles Perrault, Les Hommes illustres qui ont paru en France pendant ce siĂšcle, chez Antoine Dezallier, 1697, tome 1, p. 83-84 lire en ligne I. Salesse, Un coin de la Champagne et du Valois au XVIIe siĂšcle Jean de la Fontaine-Marie HĂ©ricart, ChĂąteau-Thierry Lacroix, 1894. lire en ligne Augustin CabanĂšs, La Fontaine, Albin Michel, 1931. Pierre Clarac, La Fontaine, Bordas, 1949. RenĂ© Jasinski, La Fontaine et le Premier Recueil des Fables, Nizet, 1966. Jean-Pierre Collinet, Le Monde littĂ©raire de La Fontaine, Presses universitaires de Grenoble, 1970. Jean Orieux, La Fontaine ou La vie est un conte, Flammarion, 1976. Louis Marin, Le rĂ©cit est un piĂšge, Minuit, 1978. Pierre Boutang, La Fontaine politique, Hallier, Albin Michel, 1981. Revue Le Fablier, depuis 1989, annuelle. Patrick Dandrey, La Fabrique des Fables, Klincksieck, 1992 ; troisiĂšme Ă©dition revue et remaniĂ©e, 2010. Roger DuchĂȘne, La Fontaine, Paris, Fayard, 1990, 559 p. ISBN 2-213-02364-6, BNF 35074480. Gaston CompĂšre, Yves-Marie Lucot et GĂ©rard GrĂ©verand, Au pays de La Fontaine un homme, une Ćuvre, un lieu, Paris, Castermann, coll. Beaux livres du patrimoine », 1994, 173 p. ISBN 2-203-60213-9, OCLC 32432070, BNF 35728165 Emmanuel Bury, L'EsthĂ©tique de La Fontaine, Sedes, 1995. Marc Fumaroli, Le PoĂšte et le Roi Jean de La Fontaine en son siĂšcle, Ă©dition de Fallois, 1997, puis Le Livre de poche, rĂ©fĂ©rences. Raymond Josse, Jehan de La Fontaine vu par un homme de son pays, ChĂąteau-Thierry, SociĂ©tĂ© historique et archĂ©ologique de ChĂąteau-Thierry,1987. Olivier Leplatre, Le Pouvoir et la Parole dans les Fables, PUL, 2000. Jean-Charles Darmon, Philosophies de la fable La Fontaine et la Crise du lyrisme, PUF, 2002. Marc Escola, Lupus in fabula Six façons d'affabuler La Fontaine, Presses universitaires de Vincennes, 2003. Philippe Collas, Jean de La Fontaine DĂ©tective, Les Fables sont des crimes 5 volumes, Plon, 2004/2007 ValĂšre Staraselski, Le MaĂźtre du jardin, dans les pas de La Fontaine, Le cherche midi, 2011. Yves Le Pestipon, Je plie et ne romps pas Essai de lecture ininterrompue du premier livre des Fables, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2011. Erik Orsenna, La Fontaine une Ă©cole buissonniĂšre, Stock, 2017, 198 p. lire en ligne Sylvie Dodeller, La Fontaine En vers et contre tout !, Paris, L'Ăcole des loisirs, 2017, 108 p. ISBN 978-2-211-23739-0 Articles connexes LittĂ©rature française Moyen Ăge - XVIe siĂšcle â XVIIe siĂšcle - XVIIIe siĂšcle - XIXe siĂšcle - XXe siĂšcle - XXIe siĂšcle Ăsope Fable Pañchatantra La Fontaine a sa statue parmi les Hommes illustres MusĂ©e Jean-de-La-Fontaine 5780 LafontaineLiens externes Toutes les Fables de La Fontaine, actualitĂ©s, quiz Site officiel du musĂ©e Jean-de-La-Fontaine La Fontaine », sur livre gratuit, disponible en html, epub, kindle, texte. Fables de La Fontaine », sur illustrĂ©es par J. J. Grandville, livre gratuit, disponible en html, epub, kindle, texte. Ses piĂšces de théùtre et leurs reprĂ©sentations sur le site CĂSAR it Ćuvres textes avec concordances et liste de frĂ©quence Victor LefĂšvre 1822-1904 Fables de La Fontaine interprĂ©tĂ©es par Coco Lulu 1898 dans la langue populaire du quartier de Marolles Bruxelles. Imagerie populaire Fables de La Fontaine 19... analyses sur la composition du premier livre des Fables [1] VĂ©ronique Goncerut, Un cĂ©lĂšbre portrait de Jean de La Fontaine pour fĂȘter son 400Ăšme anniversaire », sur BibliothĂšque de GenĂšve Le Blog, 7 juillet 2021consultĂ© le 12 aoĂ»t 2022Bases de donnĂ©es et dictionnaires Ressources relatives aux beaux-arts AGORHA Royal Academy of Arts en Art Institute of Chicago en British Museum en MutualArt en National Gallery of Art en National Portrait Gallery en + sv Nationalmuseum nl + en RKDartists en Te Papa Tongarewa en Union List of Artist Names Ressources relatives Ă la musique Discogs en International Music Score Library Project en Carnegie Hall en Grove Music Online en MusicBrainz en Muziekweb en + de RĂ©pertoire international des sources musicales Ressources relatives Ă la littĂ©rature AcadĂ©mie française membres Archives de littĂ©rature du Moyen Ăge Projet de recherche en littĂ©rature de langue bretonne en Internet Speculative Fiction Database Ressources relatives Ă l'audiovisuel AllocinĂ© en AllMovie de + en Filmportal en Internet Movie Database Ressources relatives au spectacle Les Archives du spectacle CĂ©sar Kunstenpunt Ressource relative Ă la recherche Dictionnaire des orientalistes de langue française Ressource relative Ă la bande dessinĂ©e BD Gest' Portail de la poĂ©sie Portail des contes et fables Portail du théùtre Portail de la littĂ©rature française Portail de lâAcadĂ©mie française Portail de lâAisne Portail de la France du Grand SiĂšcle Portail du royaume de France Ce contenu est mis Ă disposition selon les termes de Licence Creative Commons Attribution - Partage dans les MĂȘmes Conditions Article Jean de La Fontaine de WikipĂ©diaContributeurs voir la liste
noeticaNiveau 2Je ne crois pas que le sujet ait dĂ©jĂ Ă©tĂ© ouvert...Je souhaiterais travailler sur Les CaractĂšres l'an prochain avec mes premiĂšres, mais je butte sur la lecture cursive associĂ©e au parcours "La comĂ©die sociale". Plein de choses seraient possibles si l'on pouvait prendre une oeuvre du XVIIe siĂšcle... mais si l'on doit choisir "une oeuvre appartenant Ă un autre siĂšcle que celui de l'oeuvre au programme", donc du XVI ou XVIIIe siĂšcle, cela paraĂźt moins simple... Certains d'entre-vous y auraient-ils dĂ©jĂ rĂ©flĂ©chi ? Je pense peut-ĂȘtre Ă une comĂ©die de Marivaux, mais laquelle ? Merci Ă ceux qui auraient des idĂ©es Ă partager !DerniĂšre Ă©dition par sansara le Sam 17 Juil 2021 - 1614, Ă©ditĂ© 1 fois Raison Coquille titretrompettemarineGrand MaĂźtreDiderot, La Religieuse ?Je le faisais avec l'ancien programme. Il faut juste guider les Ă©lĂšves au dĂ©but du roman. beloteHabituĂ© du forumLa cursive peut ĂȘtre de n'importe quel siĂšcle sauf du XVIIe siĂšcle puisque lâĆuvre intĂ©grale appartient Ă ce siĂšcle me semble-t-il. Tu peux aussi choisir une Ćuvre contemporaine par exemple. noeticaNiveau 2Ah d'accord, j'avais compris qu'il fallait se limiter aux bornes de l'OE. Ăa ouvre des perspectives... Merci !Je vais regarder pour La 5J'ai une idĂ©e peut-ĂȘtre saugrenue mais je pense Ă Gatsby le magnifique. Je dois le relire avant Ă©videmment mais le rĂšgne du paraĂźtre et les fĂȘtes ostentatoires me font penser Ă "ComĂ©die sociale".VatrouchkaNiveau 9 Fortunio a Ă©critJ'ai une idĂ©e peut-ĂȘtre saugrenue mais je pense Ă Gatsby le magnifique. Je dois le relire avant Ă©videmment mais le rĂšgne du paraĂźtre et les fĂȘtes ostentatoires me font penser Ă "ComĂ©die sociale". J'avais la mĂȘme idĂ©e mais j'hĂ©site encore avec le parcours, je pense sĂ©lectionner quelques maximes de La 5Bonjour Ă tous,je travaille actuellement sur ma sĂ©quence sur Les CaractĂšres et je souhaiterais faire rĂ©aliser des exposĂ©s aux Ă©lĂšves 5-10 min. Voici les diffĂ©rents sujets que je leur propose le pouvoir et la monarchie, la Cour, le mĂ©rite ou les privilĂšges, les noms dans les portraits, la religion, la figure de lâhonnĂȘte-homme, le contexte historique de lâĆuvre, les autres Ćuvres phares des d'autres thĂ©matiques qui pourraient ĂȘtre traitĂ©es dans un exposĂ© ? Les dĂ©fauts des Hommes et les travers de la sociĂ©tĂ© feront l'objet d'un autre d'avance pour votre aide. _________________FortunioNiveau 5AprĂšs Gatsby le Magnifique, autre idĂ©e de lecture cursive Le dictionnaire des idĂ©es reçues de Flaubert ? C'est un recueil de remarques que font les bourgeois en sociĂ©tĂ©, c'est caricatural... Pas simple de trouver quelque chose...noeticaNiveau 2Merci pour vos propositions ! AprĂšs de longues rĂ©flexions... je vais finalement opter pour Les Lettres persanes. Pas tout, ça serait trop pour les Ă©lĂšves je pense, mais une section Ă partir de la lettre XXIII, jusque... je ne sais encore. L'idĂ©e de comĂ©die sociale y est explicite, et ça permet de travailler une autre forme d'argumentation. Le dictionnaire de Flaubert est intĂ©ressant par rapport au thĂšme, mais je crains que ça ne soit bien difficile pour les Ă©lĂšves...Les exposĂ©s c'est une bonne idĂ©e ! Mais je rĂ©serverais la prĂ©sentation du contexte historique et littĂ©raire au professeur. _________________"Du possible, sinon j'Ă©touffe !"FortunioNiveau 5Oui, Les Lettres persanes, c'est aussi une trĂšs bonne idĂ©e ! Cela me tente 5Finalement, je vais aussi choisir les Lettres persanes. Merci beaucoup pour cette idĂ©e. J'ai sĂ©lectionnĂ© les lettres 24 Ă 2You're welcome. _________________"Du possible, sinon j'Ă©touffe !"Dan MarkNiveau 2Pour ma part, je propose un choix de LC parmi trois oeuvres Balzac, La Duchesse de Langeais ; Huysmans, A rebours et... je rĂ©flĂ©chis Ă LĂ©on Bloy, Le DĂ©sespĂ©rĂ©. Ce dernier est ardu mais ma classe a un bon niveau. AprĂšs tout, Voyage au bout de la nuit est rĂ©guliĂšrement proposĂ© Ă des classes de premiĂšre. Qu'en pensez-vous ?Par ailleurs, en parcours associĂ©, je vais leur prĂ©senter un extrait du Voyage en explication de texte le passage Ă New York lorsque Bardamu fait l'expĂ©rience des latrines souterraines, formidable double inversĂ© de la sociĂ©tĂ© de 3Peut-ĂȘtre donner une brĂšve fiche explicative notamment sur les aspects religieux, qui Ă©chappent complĂštement aux Ă©lĂšves gĂ©nĂ©ralement Ă ceux choisissant Bloy ? Personnellement, si j'avais des 1res GT, j'aurais fait Ă©tudier un extrait d'un drame bourgeois de Diderot. D'une part parce que ça change. Et d'autre part parce que ça permet d'aborder l'Ă©chec littĂ©raire de Diderot, qui a produit en rĂ©alitĂ© des comĂ©dies en voulant ecrire des drames sĂ©rieux. IagoJe viens de m'inscrire !Il y a qqch que je ne comprends pas la lecture cursive doit- faire partie du mĂȘme genre littĂ©raire que celui de l'OI hors XVIIe ?ou- peu importe le genre hors XVIIe, se rattacher Ă l'intitulĂ© du parcours ? maldoror1ĂruditPeu importe le genre. Elle doit en effet se rattacher au parcours et ne pas appartenir au mĂȘme siĂšcle que l'OI. _________________" Le monde a commencĂ© sans l'homme et finira sans lui". LĂ©vi-StraussNLM76DoyenPeu importe le "genre", dans la mesure oĂč il s'agit d'un "objet d'Ă©tude" hybride. Il faut seulement pouvoir faire entre l'Ćuvre dans la "littĂ©rature d'idĂ©es". Or quelle Ćuvre littĂ©raire peut Ă©chapper Ă cette Ă©tiquette ?_________________Sites du grip site ne renonça jamais Ă la question-clĂ© quelle est, du point de vue de l'information, la diffĂ©rence entre les procĂ©dĂ©s grammaticaux observĂ©s ? Il n'entendait pas accepter une thĂ©orie non sĂ©mantique de la structure grammaticale et toute allusion dĂ©faitiste Ă la prĂ©tendue obscuritĂ© de la notion de sens lui paraissait elle-mĂȘme obscure et dĂ©pourvue de sens.» [Roman Jakobson, Essais de linguistique gĂ©nĂ©rale, "La notion de signification grammaticale selon Boas" 1959]TivinouEsprit Ă©clairĂ©Petite question Ă celles et ceux qui ont choisi La BruyĂšre cette annĂ©e en 1e G ĂȘtes-vous satisfaits de votre choix ? Je suis en congĂ© de formation professionnelle cette annĂ©e et je vous avoue que j'ai du mal Ă choisir une Ćuvre parmi celles 9 Tivinou a Ă©critPetite question Ă celles et ceux qui ont choisi La BruyĂšre cette annĂ©e en 1e G ĂȘtes-vous satisfaits de votre choix ? Je suis en congĂ© de formation professionnelle cette annĂ©e et je vous avoue que j'ai du mal Ă choisir une Ćuvre parmi celles proposĂ©es. Je ne regrette pas du tout mon choix ! La langue est difficile mais la forme brĂšve permet de lire de nombreuses remarques en classe et d'aider les Ă©lĂšves Ă se familiariser avec le style. Le fait qu'il n'y ait pas d'intrigue et qu'on puisse lire les portraits dans le dĂ©sordre aide Ă©galement Ă dĂ©dramatiser la difficultĂ© de la lecture. Mes Ă©lĂšves ont bien aimĂ© Ă©tudier lâĆuvre et j'ai l'impression qu'ils l'ont assez bien comprise puisqu'ils ont rĂ©ussi Ă faire des parallĂšles avec La Princesse sur la question des apparences, sur le monde de la cour...Le parcours est assez large pour pouvoir se faire plaisir pour les LL et les LC celui pour les technos me semble bien plus difficile pour les exercices associĂ©s.TivinouEsprit Ă©clairĂ© Vatrouchka a Ă©crit Tivinou a Ă©critPetite question Ă celles et ceux qui ont choisi La BruyĂšre cette annĂ©e en 1e G ĂȘtes-vous satisfaits de votre choix ? Je suis en congĂ© de formation professionnelle cette annĂ©e et je vous avoue que j'ai du mal Ă choisir une Ćuvre parmi celles proposĂ©es. Je ne regrette pas du tout mon choix ! La langue est difficile mais la forme brĂšve permet de lire de nombreuses remarques en classe et d'aider les Ă©lĂšves Ă se familiariser avec le style. Le fait qu'il n'y ait pas d'intrigue et qu'on puisse lire les portraits dans le dĂ©sordre aide Ă©galement Ă dĂ©dramatiser la difficultĂ© de la lecture. Mes Ă©lĂšves ont bien aimĂ© Ă©tudier lâĆuvre et j'ai l'impression qu'ils l'ont assez bien comprise puisqu'ils ont rĂ©ussi Ă faire des parallĂšles avec La Princesse sur la question des apparences, sur le monde de la cour...Le parcours est assez large pour pouvoir se faire plaisir pour les LL et les LC celui pour les technos me semble bien plus difficile pour les exercices associĂ©s. Merci. J'hĂ©site encore avec Rabelais que je suis en train de relire et qui ne sera pas facile Ă comprendre pour les Ă©lĂšves malgrĂ© la dimension 5Bonjour Ă tous,Nouvelle en lycĂ©e aprĂšs des annĂ©es au collĂšge, j'essaie de construire ma premiĂšre sĂ©quence de l'annĂ©e pour une 1Ăšre gĂ©nĂ©rale. Pourriez-vous, s'il vous plait, me dire si la progression adoptĂ©e est cohĂ©rente et si elle correspond bien Ă ce qui se "fait" au lycĂ©e ? N'hĂ©sitez pas Ă pointer tous les dĂ©fauts sans prendre de pincettes, il faut bien que je m'adapte Par avance, merci ! SĂ©ance 1 La BruyĂšre et son temps Biographie, contexte historique et littĂ©raire, les moralistes...SĂ©ance 2 LâĂ©criture des CaractĂšres LâĂ©criture fragmentaire, la structure et la visĂ©e des caractĂšres prĂ©face, les grands thĂšmes des livres 5 Ă 10...SĂ©ance 3 Converser comme un honnĂȘte homme cours + GT SĂ©ance 4 LL1 De la sociĂ©tĂ© et de la conversation » V ; 9 le portrait dâ 5 Bilan livres 5 et 6 EntraĂźnement dissertation 1. SĂ©ance 6 Paris et Versailles, lieux de corruption et de manigances retour livre 7 + GTSĂ©ance 7 LL2 Lâon parle dâune rĂ©gion... » VIII, 74SĂ©ance 8 Bilan livres 7 et 8EntraĂźnement dissertation 9 LL3 Des Grands » IX,50 Pamphile »SĂ©ance 10 Bilan livres 9 et 10 + Ćuvre entiĂšreSĂ©ance 11 LL4 â MoliĂšre, Le Misanthrope, I, 1SĂ©ance 12 LL5 â La Fontaine ou SĂ©vignĂ©SĂ©ance 13 dissertationsinanNiveau 8C'est une sequence totalement pertinente selon moi. Toutefois 1 au dĂ©but de l'annĂ©e, les Ă©lĂšves de 1res sont assez perdus en plus ils viennent de diffĂ©rentes secondes, ils peuvent avoir fait des choses trĂšs diffĂ©rentes. Leur apprendre la lecture linĂ©aire prend beaucoup de temps. La dissertation sera sans doute inconnue pour eux ... 2 il faudra leur donner d'emblĂ©e le livre en oi Ă se procurer +Ă lire, c'est bien de leur annoncer la date de l'Ă©valuation de lecture si tu comptes en faire une3 je ne sais pas dans quel Ă©tablissement tu vas enseigner, mais commencer par deux cours d'histoire littĂ©raire peut rebuter des lycĂ©ens. MĂȘme si c'est assez logique. Par exemple je ferais le cours sur l'Ă©criture "infusĂ©" dans la 1re LA. Le cours sur la bio et le contexte pourrait, lui, faire l'objet d'une Ă©valuation de connaissance juste aprĂšs, afin de leur faire comprendre qu'il est nĂ©cessaire de connaĂźtre son cours ...Bon couragegregforeverExpert spĂ©cialisĂ©Si je peux me permettre il manque Ă©galement au moins une sĂ©ance ou plus de grammaire ....eliamExpert spĂ©cialisĂ©Ta sĂ©quence se tient mais si tu vas aussi vite que moi pour les EL, tu n'auras pas le temps de faire tout ça. Personnellement, je ne fais pas de cours gĂ©nĂ©raux, j'intĂšgre les notions au fur et Ă mesure des diffĂ©rentes activitĂ©s EL, dissertation, entraĂźnement au 4 noetica a Ă©critJe ne crois pas que le sujet ait dĂ©jĂ Ă©tĂ© ouvert...Je souhaiterais travailler sur Les CaractĂšres l'an prochain avec mes premiĂšres, mais je butte sur la lecture cursive associĂ©e au parcours "La comĂ©die sociale". [âŠ] Je pense peut-ĂȘtre Ă une comĂ©die de Marivaux, mais laquelle ? Merci Ă ceux qui auraient des idĂ©es Ă partager ! Pour cette question, Le Paysan parvenu de Marivaux au moins les premiĂšres parties du roman, avec les deux sĆurs Habert en particulier est dans le mille, plus peut-ĂȘtre que telle ou telle comĂ©die. Au passage, on peut aborder la notion de "scĂšne" et ses critĂšres dans du narratif. Sujets similairesL'Ăcole des femmes + parcours comĂ©die et satireQuelle comĂ©die en OI pour 2nde "La tragĂ©die et la comĂ©die au XVIIĂšme siĂšcle le Classicisme" ?[Lettres lycĂ©e] Parcours et OI ou parcours avec OILa BruyĂšre et lectures analytiques complĂ©mentairesIphis de La BruyĂšreSauter versPermission de ce forumVous ne pouvez pas rĂ©pondre aux sujets dans ce forum
II Un caractĂšre bien fade est celui de nâen avoir Câest le rĂŽle dâun sot dâĂȘtre importun un homme habile sent sâil convient ou sâil ennuie ; il sait disparaĂźtre le moment qui prĂ©cĂšde celui oĂč il serait de trop quelque marche sur les mauvais plaisants, et il pleut par tout pays de cette sorte dâinsectes. Un bon plaisant est une piĂšce rare ; Ă un homme qui est nĂ© tel, il est encore fort dĂ©licat dâen soutenir longtemps le personnage ; il nâest pas ordinaire que celui qui fait rire se fasse Il a beaucoup dâesprits obscĂšnes, encore plus de mĂ©disants ou de satiriques, peu de dĂ©licats. Pour badiner avec grĂące, et rencontrer heureusement sur les plus petits sujets, il faut trop de maniĂšres, trop de politesse, et mĂȘme trop de fĂ©conditĂ© câest crĂ©er que de railler ainsi, et faire quelque chose de Si lâon faisait une sĂ©rieuse attention Ă tout ce qui se dit de froid, de vain de puĂ©ril dans les entretiens ordinaires, lâon aurait honte de parler ou dâĂ©couter, et lâon se condamnerait peut-ĂȘtre Ă un silence perpĂ©tuel, qui serait une chose pire dans le commerce que les discours inutiles. Il faut donc sâaccommoder Ă tous les esprits, permettre comme un mal nĂ©cessaire le rĂ©cit des fausses nouvelles, les vagues rĂ©flexions sur le gouvernement prĂ©sent, ou sur lâintĂ©rĂȘt des princes, le dĂ©bit des beaux sentiments, et qui reviennent toujours les mĂȘmes ; il faut laisser Aronce parler proverbe, et MĂ©linde parler de soi, de ses vapeurs, de ses migraines et de ses Lâon voit des gens qui, dans les conversations ou dans le peu de commerce que lâon a avec eux, vous dĂ©goĂ»tent par leurs ridicules expressions, par la nouveautĂ©, et jâose dire par lâimpropriĂ©tĂ© des termes dont ils se servent, comme par lâalliance de certains mots qui ne se rencontrent ensemble que dans leur bouche, et Ă qui ils font signifier des choses que leurs premiers inventeurs nâont jamais eu intention de leur faire dire. Ils ne suivent en parlant ni la raison ni lâusage, mais leur bizarre gĂ©nie, que lâenvie de toujours plaisanter, et peut-ĂȘtre de briller, tourne insensiblement Ă un jargon qui leur est propre, et qui devient enfin leur idiome naturel ; ils accompagnent un langage si extravagant dâun geste affectĂ© et dâune prononciation qui est contrefaite. Tous sont contents dâeux-mĂȘmes et de lâagrĂ©ment de leur esprit, et lâon ne peut pas dire quâils en soient entiĂšrement dĂ©nuĂ©s ; mais on les plaint de ce peu quâils en ont ; et ce qui est pire, on en Que dites-vous ? Comment ? Je nây suis pas ; vous plairait-il de recommencer ? Jây suis encore moins. Je devine enfin vous voulez, Acis, me dire quâil fait froid ; que ne disiez-vous "Il fait froid" ? Vous voulez mâapprendre quâil pleut ou quâil neige ; dites "Il pleut, il neige." Vous me trouvez bon visage, et vous dĂ©sirez de mâen fĂ©liciter ; dites "Je vous trouve bon visage."â Mais, rĂ©pondez-vous, cela est bien uni et bien clair ; et dâailleurs qui ne pourrait pas en dire autant ? â Quâimporte, Acis ? Est-ce un si grand mal dâĂȘtre entendu quand on parle, et de parler comme tout le monde ? Une chose vous manque, Acis, Ă vous et Ă vos semblables les diseurs de phobus ; vous ne vous en dĂ©fiez point, et je vais vous jeter dans lâĂ©tonnement une chose vous manque, câest lâesprit. Ce nâest pas tout il y a en vous une chose de trop, qui est lâopinion dâen avoir plus que les autres ; voilĂ la source de votre pompeux galimatias, de vos phrases embrouillĂ©es, et de vos grands mots qui ne signifient rien. Vous abordez cet homme, ou vous entrez dans cette chambre ; je vous tire par votre habit, et vous dis Ă lâoreille "Ne songez point Ă avoir de lâesprit, nâen ayez point, câest votre rĂŽle ; ayez, si vous pouvez, un langage simple, et tel que lâont ceux en qui vous ne trouvez aucun esprit peut-ĂȘtre alors croira-t-on que vous en avez."8IV Qui peut se promettre dâĂ©viter dans la sociĂ©tĂ© des hommes la rencontre de certains esprits vains, lĂ©gers, familiers, dĂ©libĂ©rĂ©s, qui sont toujours dans une compagnie ceux qui parlent, et quâil faut que les autres Ă©coutent ? On les entend de lâantichambre ; on entre impunĂ©ment et sans crains de les interrompre ils continuent leur rĂ©cit sans la moindre attention pour ceux qui entrent ou qui sortent, comme pour le rang le mĂ©rite des personnes qui composent le cercle ; ils font taire celui qui commence Ă conter une nouvelle, pour la dire de leur façon, qui est la meilleure ils la tiennent de Zamet, de Ruccelay, ou de Conchini, quâils ne connaissent point, Ă qui ils nâont jamais parlĂ©, et quâils traiteraient de Monseigneur sâils leur parlaient ; ils sâapprochent quelquefois de lâoreille du plus qualifiĂ© de lâassemblĂ©e, pour le gratifier dâune circonstance que personne ne sait, et dont ils ne veulent pas que les autres soient instruits ; ils suppriment quelques noms pour dĂ©guiser lâhistoire quâils racontent, et pour dĂ©tourner les applications ; vous les priez les pressez inutilement il y a des choses quâils ne diront pas, il y a des gens quâils ne sauraient nommer, leur parole y est engagĂ©e, câest le dernier secret, câest un mystĂšre, outre que vous leur demandez lâimpossible, car sur ce que vous voulez apprendre dâeux, ils ignorent le fait et les Arrias a tout lu, a tout vu, il veut le persuader ainsi ; câest un homme universel, et il se donne pour tel il aime mieux mentir que de se taire ou de paraĂźtre ignorer quelque chose. On parle Ă la table dâun grand dâune cour du Nord il prend la parole, et lâĂŽte Ă ceux qui allaient dire ce quâils en savent ; il sâoriente dans cette rĂ©gion lointaine comme sâil en Ă©tait originaire ; il discourt des mĆurs de cette cour, des femmes du pays, des ses lois et de ses coutumes ; il rĂ©cite des historiettes qui y sont arrivĂ©es ; il les trouve plaisantes, et il en rit le premier jusquâĂ Ă©clater. Quelquâun se hasarde de le contredire, et lui prouve nettement quâil dit des choses qui ne sont pas vraies. Arrias ne se trouble point, prend feu au contraire contre lâinterrupteur "Je nâavance, lui dit-il, je raconte rien que je ne sache dâoriginal je lâai appris de Sethon, ambassadeur de France dans cette cour, revenu Ă Paris depuis quelques jours, que je connais familiĂšrement, que jâai fort interrogĂ©, et qui ne mâa cachĂ© aucune circonstance." Il reprenait le fil de sa narration avec plus de confiance quâil ne lâavait commencĂ©e, lorsque lâun des conviĂ©s lui dit "Câest Sethon Ă qui vous parlez, lui-mĂȘme, et qui arrive de son ambassade."I0IV Il y a un parti Ă prendre, dans les entretiens, entre une certaine paresse quâon a de parler, ou quelquefois un esprit abstrait, qui, nous jetant loin du sujet de la conversation, nous fait faire ou de mauvaises demandes ou de sottes rĂ©ponses, et une attention importune quâon a au moindre mot qui Ă©chappe, pour le relever, badiner autour, y trouver un mystĂšre que les autres nây voient pas, y chercher de la finesse et de la subtilitĂ©, seulement pour avoir occasion dây placer la Etre infatuĂ© de soi, et sâĂȘtre fortement persuadĂ© quâon a beaucoup dâesprit, est un accident qui nâarrive guĂšre quâĂ celui qui nâen a point, ou qui en a peu. Malheur pour lors Ă qui est exposĂ© Ă lâentretien dâun tel personnage ! combien de jolies phrases lui faudra-t-il essuyer ! combien de ces mots aventuriers qui paraissent subitement, durent un temps, et que bientĂŽt on ne revoit plus ! Sâil conte une nouvelle, câest moins pour lâapprendre Ă ceux qui lâĂ©coutent, que pour avoir le mĂ©rite de la dire, et de la dire bien elle devient un roman entre ses mains ; il fait penser les gens Ă sa maniĂšre, leur met en la bouche ses petites façons de parler, et les fait toujours parler longtemps ; il tombe ensuite en des parenthĂšses, qui peuvent passer pour Ă©pisodes, mais qui font oublier le gros de lâhistoire, et Ă lui qui vous parle, et Ă vous qui le supportez. Que serait-ce de vous et de lui, si quelquâun ne survenait heureusement pour dĂ©ranger le cercle, et faire oublier la narration ?I2V Jâentends ThĂ©odecte de lâantichambre ; il grossit sa voix Ă mesure quâil sâapproche ; le voilĂ entrĂ© il rit, il crie, il Ă©clate ; on bouche ses oreilles, câest un tonnerre. Il nâest pas moins redoutable par les choses quâil dit que par le ton dont il parle. Il ne sâapaise, et il ne revient de ce grand fracas que pour bredouiller des vanitĂ©s et des sottises. Il a si peu dâĂ©gard au temps, aux personnes, aux biensĂ©ances, que chacun a son fait sans quâil ait eu intention de le lui donner ; il nâest pas encore assis quâil a, Ă son insu, dĂ©sobligĂ© toute lâassemblĂ©e. A-t-on servi, il se met le premier Ă table et dans la premiĂšre place ; les femmes sont Ă sa droite et Ă gauche. Il mange, il boit, il conte, il plaisante, il interrompt tout Ă la fois. Il nâa nul discernement des personnes, ni du maĂźtre, ni des conviĂ©s ; il abuse de la folle dĂ©fĂ©rence quâon a pour lui. Est-ce lui, est-ce EuthydĂšme qui donne le repas ? Il rappelle Ă soi toute lâautoritĂ© de la table ; et il y a un moindre inconvĂ©nient Ă la lui laisser entiĂšre quâĂ la lui disputer. Le vin et les viandes nâajoutent rien Ă son caractĂšre. Si lâon joue, il gagne au jeu ; il veut railler celui qui perd, et il lâoffense ; les rieurs sont pour lui il nây a sorte de fatuitĂ©s quâon ne lui passe. Je cĂšde enfin et je disparais, incapable de souffrir plus longtemps ThĂ©odecte, et ceux qui le TroĂŻle est utile Ă ceux qui ont trop de bien il leur ĂŽte lâembarras du superflu ; il leur sauve la peine dâamasser de lâargent, de faire des contrats, de fermer des coffres, de porter des clefs sur soi et de craindre un vol domestique. Il les aide dans leurs plaisirs, et il devient capable ensuite de les servir dans leurs passions ; bientĂŽt il les rĂšgle et les maĂźtrise dans leur conduite. Il est lâoracle dâune maison, celui dont on attend, que dis-je ? dont on prĂ©vient, dont on devine les dĂ©cisions. Il dit de cet esclave "Il faut le punir", et on le fouette ; et de cet autre "Il faut lâaffranchir", et on lâaffranchit. Lâon voit quâun parasite ne le fait pas rire ; il peut lui dĂ©plaire il est congĂ©diĂ©. Le maĂźtre est heureux, si TroĂŻle lui laisse sa femme et ses enfants. Si celui-ci est Ă table, et quâil prononce dâun mets quâil est friand, le maĂźtre et les conviĂ©s, qui en mangeaient sans rĂ©flexion, le trouvent friand, et ne sâen peuvent rassasier ; sâil dit au contraire dâun autre mets quâil est insipide, ceux qui commençaient Ă le goĂ»ter, nâosant avaler le morceau quâils ont Ă la bouche, ils le jettent Ă terre tous ont les yeux sur lui, observent son maintien et son visage avant de prononcer sur le vin ou sur les viandes qui sont servies. Ne le cherchez pas ailleurs que dans la maison de ce riche quâil gouverne câest lĂ quâil mange, quâil dort et quâil fait digestion, quâil querelle son valet, quâil reçoit ses ouvriers, et quâil remet ses crĂ©anciers. Il rĂ©gente, il domine dans une salle ; il y reçoit la cour et les hommages de ceux qui, plus fins que les autres, ne veulent aller au maĂźtre que par TroĂŻle. Si lâon entre par malheur sans avoir une physionomie qui lui agrĂ©e, il ride son front et il dĂ©tourne sa vue ; si on lâaborde, il ne se lĂšve pas ; si lâon sâassied auprĂšs de lui, il sâĂ©loigne ; si on lui parle, il ne rĂ©pond point ; si lâon continue de parler, il passe dans une autre chambre ; si on le suit, il gagne lâescalier ; il franchirait tous les Ă©tages, ou il se lancerait par une fenĂȘtre, plutĂŽt que de se laisser joindre par quelquâun qui a un visage ou un ton de voix quâil dĂ©sapprouve. Lâun et lâautre sont agrĂ©ables en TroĂŻle, et il sâen est servi heureusement pour sâinsinuer ou pour conquĂ©rir. Tout devient, avec le temps, au-dessous de ses soins, comme il est au-dessus de vouloir se soutenir ou continuer de plaire par le moindre des talents qui ont commencĂ© Ă le faire valoir. Câest beaucoup quâil sorte quelquefois de ses mĂ©ditations et de sa taciturnitĂ© pour contredire, et que mĂȘme pour critiquer il daigne une fois le jour avoir de lâesprit. Bien loin dâattendre de lui quâil dĂ©fĂšre Ă vos sentiments, quâil soit complaisant, quâil vous loue, vous nâĂȘtes pas sĂ»r quâil aime toujours votre approbation, ou quâil souffre votre Il faut laisser parler cet inconnu que le hasard a placĂ© auprĂšs de vous dans une voiture publique, Ă une fĂȘte ou Ă un spectacle ; et il ne vous coĂ»tera bientĂŽt pour le connaĂźtre que de lâavoir Ă©coutĂ© vous saurez son nom, sa demeure, son pays, lâĂ©tat de son bien, son emploi, celui de son pĂšre, la famille dont est sa mĂšre, sa parentĂ©, ses alliances, les armes de sa maison ; vous comprendrez quâil est noble, quâil a un chĂąteau, de beaux meubles, des valets, et un Il y a des gens qui parlent un moment avant que dâavoir pensĂ©. Il y en a dâautres qui ont une fade attention Ă ce quâils disent, et avec qui lâon souffre dans la conversation de tout le travail de leur esprit ; ils sont comme pĂ©tris de phrases et de petits tours dâexpression, concertĂ©s dans leur geste et dans tout leur maintien ; ils sont puristes, et ne hasardent pas le moindre mot, quand il devrait faire le plus bel effet du monde ; rien dâheureux ne leur Ă©chappe, rien ne coule de source et avec libertĂ© ils parlent proprement et Lâesprit de la conversation consiste bien moins Ă en montrer beaucoup quâĂ en faire trouver aux autres celui qui sort de votre entretien content de soi et de son esprit, lâest de vous parfaitement. Les hommes nâaiment point Ă vous admirer, ils veulent plaire ; ils cherchent moins Ă ĂȘtre instruits, et mĂȘme rĂ©jouis, quâĂ ĂȘtre goĂ»tĂ©s et applaudis ; et le plaisir le plus dĂ©licat est de faire celui dâ Il ne faut pas quâil y ait trop dâimagination dans nos conversations ni dans nos Ă©crits ; elle ne produit souvent que des idĂ©es vaines et puĂ©riles, qui ne servent point Ă perfectionner le goĂ»t et Ă nous rendre meilleurs nos pensĂ©es doivent ĂȘtre prises dans le bon sens et la droite raison, et doivent ĂȘtre un effet de notre Câest une grande misĂšre que de nâavoir pas assez dâesprit pour bien parler, ni assez de jugement pour se taire. VoilĂ le principe de toute Dire dâune chose modestement ou quâelle est bonne ou quâelle est mauvaise, et les raisons pourquoi elle est telle, demande du bon sens et de lâexpression câest une affaire. Il est plus court de prononcer dâun ton dĂ©cisif, et qui emporte la preuve de ce quâon avance, ou quâelle est exĂ©crable, ou quâelle est Rien nâest moins selon Dieu et selon le monde que dâappuyer tout ce que lâon dit dans la conversation, jusques aux choses les plus indiffĂ©rentes, par de longs et de fastidieux serments. Un honnĂȘte homme qui dit oui et non mĂ©rite dâĂȘtre cru son caractĂšre jure pour lui, donne crĂ©ance Ă ses paroles, et lui attire toute sorte de Celui qui dit incessamment quâil a de lâhonneur et de la probitĂ©, quâil ne nuit Ă personne, quâil consent que le mal quâil fait aux autres lui arrive, et qui jure pour le faire croire, ne sait pas mĂȘme contrefaire lâhomme de homme de bien ne saurait empĂȘcher par toute sa modestie quâon ne dise de lui ce quâun malhonnĂȘte homme sait dire de ClĂ©on parle peu obligeamment ou peu juste, câest lâun ou lâautre ; mais il ajoute quâil est fait ainsi, et quâil dit ce quâil Il y a parler bien, parler aisĂ©ment, parler juste, parler Ă propos. Câest pĂ©cher contre ce dernier genre que de sâĂ©tendre sur un repas magnifique que lâon vient de faire, devant des gens qui sont rĂ©duits Ă Ă©pargner leur pain ; de dire merveilles de sa santĂ© devant des infirmes ; dâentretenir de ses richesses, de ses revenus et de ses ameublements un homme qui nâa ni rentes ni domicile ; en un mot, de parler de son bonheur devant des misĂ©rables cette conversation est trop forte pour eux, et la comparaison quâils font alors de leur Ă©tat au vĂŽtre est "Pour vous, dit Euthyphron, vous ĂȘtes riche, ou vous devez lâĂȘtre dix mille livres de rente, et en fonds de terre, cela est beau, cela est doux, et lâon est heureux Ă moins", pendant que lui qui parle ainsi a cinquante mille livres de revenu, et quâil croit nâavoir que la moitiĂ© de ce quâil mĂ©rite. Il vous taxe, il vous apprĂ©cie, il fixe votre dĂ©pense et sâil vous jugeait digne dâune meilleure fortune, et de celle mĂȘme oĂč il aspire, il ne manquerait pas de vous la souhaiter. Il nâest pas le seul qui fasse de si mauvaises estimations ou des comparaisons si dĂ©sobligeantes le monde est plein dâ Quelquâun, suivant la pente de la coutume qui veut quâon loue, et par lâhabitude quâil a Ă la flatterie et Ă lâexagĂ©ration, congratule ThĂ©odĂšme sur un discours quâil nâa point entendu, et dont personne nâa pu encore lui rendre compte il ne laisse pas de lui parler de son gĂ©nie, de son geste, et surtout de la fidĂ©litĂ© de sa mĂ©moire ; et il est vrai que ThĂ©odĂšme est demeurĂ© IV Lâon voit des gens brusques, inquiets, suffisants, qui bien quâoisifs et sans aucune affaire qui les appelle ailleurs, vous expĂ©dient, pour ainsi dire, en peu de paroles, et ne songent quâĂ se dĂ©gager de vous ; on leur parle encore, quâils sont partis et ont disparu. Ils ne sont pas moins impertinents que ceux qui vous arrĂȘtent seulement pour vous ennuyer ils sont peut-ĂȘtre moins Parler et offenser, pour de certaines gens, est prĂ©cisĂ©ment la mĂȘme chose. Ils sont piquants et amers ; leur style est mĂȘlĂ© de fiel et dâabsinthe la raillerie, lâinjure, lâinsulte leur dĂ©coulent des lĂšvres comme leur salive. Il leur serait utile dâĂȘtre nĂ©s muets ou stupides ce quâils ont de vivacitĂ© et dâesprit leur nuit davantage que ne fait Ă quelques autres leur sottise. Ils ne se contentent pas toujours de rĂ©pliquer avec aigreur, ils attaquent souvent avec insolence ; ils frappent sur tout ce qui se trouve sous leur langue, sur les prĂ©sents, sur les absents ; ils heurtent de front et de cĂŽtĂ©, comme des bĂ©liers demande-t-on Ă des bĂ©liers quâils nâaient pas de cornes ? De mĂȘme nâespĂšre-t-on pas de rĂ©former par cette peinture des naturels si durs, si farouches, si indociles. Ce que lâon peut faire de mieux, dâaussi loin quâon les dĂ©couvre, est de les fuir de toute sa force et sans regarder derriĂšre Il y a des gens dâune certaine Ă©toffe ou dâun certain caractĂšre avec qui il ne faut jamais se commettre, de qui lâon ne doit se plaindre que le moins quâil est possible, contre qui il nâest pas mĂȘme permis dâavoir Entre deux personnes qui ont eu ensemble une violente querelle, dont lâun a raison et lâautre ne lâa pas, ce que la plupart de ceux qui y ont assistĂ© ne manquent jamais de faire, ou pour se dispenser de juger, ou par un tempĂ©rament qui mâa toujours paru hors de sa place, câest de condamner tous les deux leçon importante, motif pressant et indispensable de fuir Ă lâorient quand le fat est Ă lâoccident, pour Ă©viter de partager avec lui le mĂȘme Je nâaime pas un homme que je ne puis aborder le premier, ni saluer avant quâil me salue, sans mâavilir Ă ses yeux, et sans tremper dans la bonne opinion quâil a de lui-mĂȘme. Montaigne dirait Je veux avoir mes coudĂ©es franches, et estre courtois et affable Ă mon point, sans remords ne consequence. Je ne puis du tout estriver contre mon penchant, et aller au rebours de mon naturel, qui mâemmeine vers celuy que je trouve Ă ma rencontre. Quand il mâest Ă©gal, et quâil ne mâest point ennemy, jâanticipe sur son accueil, je le questionne sur sa disposition et santĂ©, je luy fais offre de mes offices sans tant marchander sur le plus ou sur le moins, ne estre, comme disent aucuns, sur le qui vive. Celuy-lĂ me deplaist, qui par la connoissance que jâay de ses coutumes et façons dâagir, me tire de cette libertĂ© et franchise. Comment me ressouvenir tout Ă propos, et dâaussi loin que je vois cet homme, dâemprunter une contenance grave et importante, et qui lâavertisse que je crois le valoir bien et au delĂ ? pour cela de me ramentevoir de mes bonnes qualitez et conditions, et des siennes mauvaises, puis en faire la comparaison. Câest trop de travail pour moy, et ne suis du tout capable de si roide et si subite attention ; et quand bien elle mâauroit succedĂ© une premiĂšre fois, je ne laisserois de flechir et me dementir Ă une seconde tĂąche je ne puis me forcer et contraindre pour quelconque Ă estre fier."3IIV Avec de la vertu, de la capacitĂ©, et une bonne conduite, lâon peut ĂȘtre insupportable. Les maniĂšres, que lâon nĂ©glige comme de petites choses, sont souvent ce qui fait que les hommes dĂ©cident de vous en bien ou en mal une lĂ©gĂšre attention Ă les avoir douces et polies prĂ©vient leurs mauvais jugements. Il ne faut presque rien pour ĂȘtre cru fier, incivil, mĂ©prisant, dĂ©sobligeant il faut encore moins pour ĂȘtre estimĂ© tout le La politesse nâinspire pas toujours la bontĂ©, lâĂ©quitĂ©, la complaisance, la gratitude ; elle en donne du moins les apparences, et fait paraĂźtre lâhomme au dehors comme il devrait ĂȘtre intĂ©rieurement.I Lâon peut dĂ©finir lâesprit de politesse, lâon ne peut en fixer la pratique elle suit lâusage et les coutumes reçues ; elle est attachĂ©e aux temps, aux lieux, aux personnes, et nâest point la mĂȘme dans les deux sexes, ni dans les diffĂ©rentes conditions ; lâesprit tout seul ne la fait pas deviner il fait quâon la suit par imitation, et que lâon sây perfectionne. Il y a des tempĂ©raments qui ne sont susceptibles que de la politesse ; et il y en a dâautres qui ne servent quâaux grands talents, ou Ă une vertu solide. Il est vrai que les maniĂšres polies donnent cours au mĂ©rite, et le rendent agrĂ©able ; et quâil faut avoir de bien Ă©minentes qualitĂ©s pour se soutenir sans la politesse.I Il me semble que lâesprit de politesse est une certaine attention Ă faire que par nos paroles et par nos maniĂšres les autres soient contents de nous et dâ Câest une faute contre la politesse que de louer immodĂ©rĂ©ment, en prĂ©sence de ceux que vous faites chanter ou toucher un instrument, quelque autre personne qui a ces mĂȘmes talents ; comme devant ceux qui vous lisent leurs vers, un autre Dans les repas ou les fĂȘtes que lâon donne aux autres, dans les prĂ©sents quâon leur fait, et dans tous les plaisirs quâon leur procure, il y a faire bien, et faire selon leur goĂ»t le dernier est Il y aurait une espĂšce de fĂ©rocitĂ© Ă rejeter indiffĂ©remment toute sorte de louanges lâon doit ĂȘtre sensible Ă celles qui nous viennent des gens de bien, qui louent en nous sincĂšrement des choses Un homme dâesprit, et qui est nĂ© fier, ne perd rien de sa fiertĂ© et de sa raideur pour se trouver pauvre ; si quelque chose au contraire doit amollir son humeur, le rendre plus doux et plus sociable, câest un peu de Ne pouvoir supporter tous les mauvais caractĂšres dont le monde est plein nâest pas un fort bon caractĂšre il faut dans le commerce des piĂšces dâor et de la Vivre avec des gens qui sont brouillĂ©s, et dont il faut Ă©couter de part et dâautre les plaintes rĂ©ciproques, câest, pour ainsi dire, ne pas sortir de lâaudience, et entendre du matin au soir plaider et parler Lâon sait des gens qui avaient coulĂ© leurs jours dans une union Ă©troite leurs biens Ă©taient en commun, ils nâavaient quâune mĂȘme demeure, ils ne se perdaient pas de vue. Ils se sont aperçus Ă plus de quatre-vingts ans quâils devaient se quitter lâun lâautre et finir leur sociĂ©tĂ© ; ils nâavaient plus quâun jour Ă vivre, et ils nâont osĂ© entreprendre de le passer ensemble ; ils se sont dĂ©pĂȘchĂ©s de rompre avant que de mourir ; ils nâavaient de fonds pour la complaisance que jusque-lĂ . Ils ont trop vĂ©cu pour le bon exemple un moment plus tĂŽt ils mouraient sociables, et laissaient aprĂšs eux un rare modĂšle de la persĂ©vĂ©rance dans lâ LâintĂ©rieur des familles est souvent troublĂ© par les dĂ©fiances, par les jalousies et par lâantipathie, pendant que des dehors contents, paisibles et enjouĂ©s nous trompent, et nous y font supposer une paix qui nây est point il y en a peu qui gagnent Ă ĂȘtre approfondies. Cette visite que vous rendez vient de suspendre une querelle domestique, qui nâattend que votre retraite pour Dans la sociĂ©tĂ©, câest la raison qui plie la premiĂšre. Les plus sages sont souvent menĂ©s par le plus fou et le plus bizarre lâon Ă©tudie son faible, son humeur, ses caprices, lâon sây accommode ; lâon Ă©vite de le heurter, tout le monde lui cĂšde ; la moindre sĂ©rĂ©nitĂ© qui paraĂźt sur son visage lui attire des Ă©loges on lui tient compte de nâĂȘtre pas toujours insupportable. Il est craint, mĂ©nagĂ©, obĂ©i, quelquefois Il nây a que ceux qui ont eu de vieux collatĂ©raux, ou qui en ont encore, et dont il sâagit dâhĂ©riter, qui puissent dire ce quâil en ClĂ©ante est un trĂšs honnĂȘte homme ; il sâest choisi une femme qui est la meilleure personne du monde et la plus raisonnable chacun, de sa part, fait tout le plaisir et tout lâagrĂ©ment des sociĂ©tĂ©s oĂč il se trouve ; lâon ne peut voir ailleurs plus de probitĂ©, plus de politesse. Ils se quittent demain, et lâacte de leur sĂ©paration est tout dressĂ© chez le notaire. Il y a, sans mentir, de certains mĂ©rites qui ne sont point faits pour ĂȘtre ensemble, de certaines vertus Lâon peut compter sĂ»rement sur la dot, le douaire et les conventions, mais faiblement sur les nourritures ; elles dĂ©pendent dâune union fragile de la belle-mĂšre et de la bru, et qui pĂ©rit souvent dans lâannĂ©e du Un beau-pĂšre aime son gendre, aime sa bru. Une belle-mĂšre aime son gendre, nâaime point sa bru. Tout est Ce quâune marĂątre aime le moins de tout ce qui est au monde, ce sont les enfants de son mari plus elle est folle de son mari, plus elle est marĂątres font dĂ©serter les villes et les bourgades, et ne peuplent pas moins la terre de mendiants, de vagabonds, de domestiques et dâesclaves, que la G⊠et H⊠sont voisins de campagne, et leurs terres sont contiguĂ«s ; ils habitent une contrĂ©e dĂ©serte et solitaire. EloignĂ©s des villes et de tout commerce, il semblait que la fuite dâune entiĂšre solitude ou lâamour de la sociĂ©tĂ© eĂ»t dĂ» les assujettir Ă une liaison rĂ©ciproque ; il est cependant difficile dâexprimer la bagatelle qui les a fait rompre, qui les rend implacables lâun pour lâautre, et qui perpĂ©tuera leurs haines dans leurs descendants. Jamais des parents, et mĂȘme des frĂšres, ne se sont brouillĂ©s pour une moindre suppose quâil nây ait que deux hommes sur la terre, qui la possĂšdent seuls, et qui la partagent toute entre eux deux je suis persuadĂ© quâil leur naĂźtra bientĂŽt quelque sujet de rupture, quand ce ne serait que pour les Il est souvent plus court et plus utile de cadrer aux autres que de faire que les autres sâajustent Ă Jâapproche dâune petite ville, et je suis dĂ©jĂ sur une hauteur dâoĂč je la dĂ©couvre. Elle est situĂ©e Ă mi-cĂŽte ; une riviĂšre baigne ses murs, et coule ensuite dans une belle prairie ; elle a une forĂȘt Ă©paisse qui la couvre des vents froids et de lâaquilon. Je la vois dans un jour si favorable, que je compte ses tours et ses clochers ; elle me paraĂźt peinte sur le penchant de la colline. Je me rĂ©crie, et je dis "Quel plaisir de vivre sous un si beau ciel et dans ce sĂ©jour si dĂ©licieux ! " Je descends dans la ville, oĂč je nâai pas couchĂ© deux nuits, que je ressemble Ă ceux qui lâhabitent jâen veux Il y a une chose que lâon nâa point vue sous le ciel et que selon toutes les apparences on ne verra jamais câest une petite ville qui nâest divisĂ©e en aucuns partis ; oĂč les familles sont unies, et oĂč les cousins se voient avec confiance ; oĂč un mariage nâengendre point une guerre civile ; oĂč la querelle des rangs ne se rĂ©veille pas Ă tous moments par lâoffrande, lâencens et le pain bĂ©nit, par les processions et par les obsĂšques ; dâoĂč lâon a banni les caquets, le mensonge et la mĂ©disance ; oĂč lâon voit parler ensemble le bailli et le prĂ©sident, les Ă©lus et les assesseurs ; oĂč le doyen vit bien avec ses chanoines ; oĂč les chanoines ne dĂ©daignent pas les chapelains, et oĂč ceux-ci souffrent les Les provinciaux et les sots sont toujours prĂȘts Ă se fĂącher, et Ă croire quâon se moque dâeux ou quâon les mĂ©prise il ne faut jamais hasarder la plaisanterie, mĂȘme la plus douce et la plus permise, quâavec des gens polis, ou qui ont de lâ On ne prime point avec les grands, ils se dĂ©fendent par leur grandeur ; ni avec les petits, ils vous repoussent par le qui Tout ce qui est mĂ©rite se sent, se discerne, se devine rĂ©ciproquement si lâon voulait ĂȘtre estimĂ©, il faudrait vivre avec des personnes Celui qui est dâune Ă©minence au-dessus des autres qui le met Ă couvert de la repartie, ne doit jamais faire une raillerie Il y a de petits dĂ©fauts que lâon abandonne volontiers Ă la censure, et dont nous ne haĂŻssons pas Ă ĂȘtre raillĂ©s ce sont de pareils dĂ©fauts que nous devons choisir pour railler les Rire des gens dâesprit, câest le privilĂšge des sots ils sont dans le monde ce que les fous sont Ă la cour, je veux dire sans La moquerie est souvent indigence dâ Vous le croyez votre dupe sâil feint de lâĂȘtre, qui est plus dupe de lui ou de vous ?59IV Si vous observez avec soin qui sont les gens qui ne peuvent louer, qui blĂąment toujours, qui ne sont contents de personne, vous reconnaĂźtrez que ce sont ceux mĂȘmes dont personne nâest Le dĂ©dain et le rengorgement dans la sociĂ©tĂ© attire prĂ©cisĂ©ment le contraire de ce que lâon cherche, si câest Ă se faire Le plaisir de la sociĂ©tĂ© entre les amis se cultive par une ressemblance de goĂ»t sur ce qui regarde les mĆurs, et par quelques diffĂ©rences dâopinions sur les sciences par lĂ ou lâon sâaffermit dans ses sentiments, ou lâon sâexerce et lâon sâinstruit par la Lâon ne peut aller loin dans lâamitiĂ©, si lâon nâest pas disposĂ© Ă se pardonner les uns aux autres les petits Combien de belles et inutiles raisons Ă Ă©taler Ă celui qui est dans une grande adversitĂ©, pour essayer de le rendre tranquille ! Les choses de dehors, quâon appelle les Ă©vĂ©nements, sont quelquefois plus fortes que la raison et que la nature. "Mangez, dormez, ne vous laissez point mourir de chagrin, songez Ă vivre" harangues froides, et qui rĂ©duisent Ă lâimpossible. "EtĂȘs-vous raisonnable de vous tant inquiĂ©ter ? " nâest-ce pas dire "Etes-vous fou dâĂȘtre malheureux ? "64I Le conseil, si nĂ©cessaire pour les affaires, est quelquefois dans la sociĂ©tĂ© nuisible Ă qui le donne, et inutile Ă celui Ă qui il est donnĂ©. Sur les mĆurs, vous faites remarquer des dĂ©fauts ou que lâon nâavoue pas, ou que lâon estime des vertus ; sur les ouvrages, vous rayez les endroits qui paraissent admirables Ă leur auteur, oĂč il se complaĂźt davantage, oĂč il croit sâĂȘtre surpassĂ© lui-mĂȘme. Vous perdez ainsi la confiance de vos amis, sans les avoir rendus ni meilleurs ni plus Lâon a vu, il nây a pas longtemps, un cercle de personnes des deux sexes, liĂ©es ensemble par la conversation et par un commerce dâesprit. Ils laissaient au vulgaire lâart de parler dâune maniĂšre intelligible ; une chose dite entre eux peu clairement en entraĂźnait une autre encore plus obscure, sur laquelle on enchĂ©rissait par de vraies Ă©nigmes, toujours suivies de longs applaudissements par tout ce quâils appelaient dĂ©licatesse, sentiments, tour et finesse dâexpression, ils Ă©taient enfin parvenus Ă nâĂȘtre plus entendus et Ă ne sâentendre pas eux-mĂȘmes. Il ne fallait, pour fournir Ă ces entretiens, ni bon sens, ni jugement, ni mĂ©moire, ni la moindre capacitĂ© il fallait de lâesprit, non pas du meilleur, mais de celui qui est faux, et oĂč lâimagination a trop de Je le sais, ThĂ©obalde, vous ĂȘtes vieilli ; mais voudriez-vous que je crusse que vous ĂȘtes baissĂ©, que vous nâĂȘtes plus poĂšte ni bel esprit, que vous ĂȘtes prĂ©sentement aussi mauvais juge de tout genre dâouvrage que mĂ©chant auteur, que vous nâavez plus rien de naĂŻf et de dĂ©licat dans la conversation ? Votre air libre et prĂ©somptueux me rassure, et me persuade tout le contraire. Vous ĂȘtes donc aujourdâhui tout ce que vous fĂ»tes jamais, et peut-ĂȘtre meilleur ; car si Ă votre Ăąge vous ĂȘtes si vif et si impĂ©tueux, quel nom, ThĂ©obalde, fallait-il vous donner dans votre jeunesse, et lorsque vous Ă©tiez la coqueluche ou lâentĂȘtement de certaines femmes qui ne juraient que par vous et sur votre parole, qui disaient Cela est dĂ©licieux ; quâa-t-il dit ?67I Lâon parle impĂ©tueusement dans les entretiens, souvent par vanitĂ© ou par humeur, rarement avec assez dâattention tout occupĂ© du dĂ©sir de rĂ©pondre Ă ce quâon nâĂ©coute point, lâon suit ses idĂ©es, et on les explique sans le moindre Ă©gard pour les raisonnements dâautrui ; lâon est bien Ă©loignĂ© de trouver ensemble la vĂ©ritĂ©, lâon nâest pas encore convenu de celle que lâon cherche. Qui pourrait Ă©couter ces sortes de conversations et les Ă©crire, ferait voir quelquefois de bonnes choses qui nâont nulle Il a rĂ©gnĂ© pendant quelque temps une sorte de conversation fade et puĂ©rile, qui roulait toute sur des questions frivoles qui avaient relation au cĆur et Ă ce quâon appelle passion ou tendresse. La lecture de quelques romans les avait introduites parmi les plus honnĂȘtes gens de la ville et de la cour ; ils sâen sont dĂ©faits, et la bourgeoisie les a reçues avec les pointes et les Quelques femmes de la ville ont la dĂ©licatesse de ne pas savoir ou de nâoser dire le nom des rues, des places, et de quelques endroits publics, quâelles ne croient pas assez nobles pour ĂȘtre connus. Elles disent le Louvre, la place Royale, mais elles usent de tours et de phrases plutĂŽt que de prononcer de certains noms ; et sâils leur Ă©chappent, câest du moins avec quelque altĂ©ration du mot, et aprĂšs quelques façons qui les rassurent en cela moins naturelles que les femmes de la cour, qui ayant besoin dans le discours des Halles, du ChĂątelet, ou de choses semblables, disent les Halles, le Si lâon feint quelquefois de ne se pas souvenir de certains noms que lâon croit obscurs, et si lâon affecte de les corrompre en les prononçant, câest par la bonne opinion quâon a du Lâon dit par belle humeur, et dans la libertĂ© de la conversation, de ces choses froides, quâĂ la vĂ©ritĂ© lâon donne pour telles, et que lâon ne trouve bonnes que parce quâelles sont extrĂȘmement mauvaises. Cette maniĂšre basse de plaisanter a passĂ© du peuple, Ă qui elle appartient, jusque dans une grande partie de la jeunesse de la cour, quâelle a dĂ©jĂ infectĂ©e. Il est vrai quâil y entre trop de fadeur et de grossiĂšretĂ© pour devoir craindre quâelle sâĂ©tende plus loin, et quâelle fasse de plus grands progrĂšs dans un pays qui est le centre du bon goĂ»t et de la politesse. Lâon doit cependant en inspirer le dĂ©goĂ»t Ă ceux qui la pratiquent ; car bien que ce ne soit jamais sĂ©rieusement, elle ne laisse pas de tenir la place, dans leur esprit et dans le commerce ordinaire, de quelque chose de Entre dire de mauvais choses, ou en dire de bonnes que tout le monde sait et les donner pour nouvelles, je nâai pas Ă "Lucain a dit une jolie chose⊠Il y a un beau mot de Claudien⊠Il y a cet endroit de SĂ©nĂšque" et lĂ -dessus une longue suite de latin, que lâon cite souvent devant des gens qui ne lâentendent pas, et qui feignent de lâentendre. Le secret serait dâavoir un grand sens et bien de lâesprit ; car ou lâon se passerait des anciens, ou aprĂšs les avoir lus avec soin, lâon saurait encore choisir les meilleurs, et les citer Ă Hermagoras ne sait pas qui est roi de Hongrie ; il sâĂ©tonne de nâentendre faire aucune mention du roi de BohĂȘme ; ne lui parlez pas des guerres de Flandre et de Hollande, dispensez-le du moins de vous rĂ©pondre il confond les temps, il ignore quand elles ont commencĂ©, quand elles ont fini ; combats, siĂšges, tout lui est nouveau ; mais il est instruit de la guerre des gĂ©ants, il en raconte le progrĂšs et les moindres dĂ©tails, rien ne lui est Ă©chappĂ© ; il dĂ©brouille de mĂȘme lâhorrible chaos des deux empires, le Babylonien et lâAssyrien ; il connaĂźt Ă fond les Egyptiens et leurs dynasties. Il nâa jamais vu Versailles, il ne le verra point il a presque vu la tour de Babel, il en compte les degrĂ©s, il sait combien dâarchitectes ont prĂ©sidĂ© Ă cet ouvrage, il sait le nom des architectes. Dirai-je quâil croit Henri IV fils de Henri III ? Il nĂ©glige du moins de rien connaĂźtre aux maisons de France, dâAutriche et de BaviĂšre "Quelles minuties ! " dit-il, pendant quâil rĂ©cite de mĂ©moire toute une liste des rois des MĂšdes ou de Babylone, et que les noms dâApronal, dâHĂ©rigebal, de Noesnemordach, de Mardokempad, lui sont aussi familiers quâĂ nous ceux de Valois et de Bourbon. Il demande si lâEmpereur a jamais Ă©tĂ© mariĂ© ; mais personne ne lui apprendra que Ninus a eu deux femmes. On lui dit que le Roi jouit dâune santĂ© parfaite ; et il se souvient que Thetmosis, un roi dâĂgypte, Ă©tait valĂ©tudinaire, et quâil tenait cette complexion de son aĂŻeul Alipharmutosis. Que ne sait-il point ? Quelle chose lui est cachĂ©e de la vĂ©nĂ©rable antiquitĂ© ? Il vous dira que SĂ©miramis, ou, selon quelques-uns, SĂ©rimaris, parlait comme son fils Ninyas, quâon ne les distinguait pas Ă la parole si câĂ©tait parce que la mĂšre avait une voix mĂąle comme son fils, ou le fils une voix effĂ©minĂ©e comme sa mĂšre, quâil nâose pas le dĂ©cider. Il vous rĂ©vĂ©lera que Nembrot Ă©tait gaucher, et SĂ©sostris ambidextre ; que câest une erreur de sâimaginer quâun Artaxerxe ait Ă©tĂ© appelĂ© Longuemain parce que les bras lui tombaient jusquâaux genoux, et non Ă cause quâil avait une main plus longue que lâautre ; et il ajoute quâil y a des auteurs graves qui affirment que câĂ©tait la droite, quâil croit nĂ©anmoins ĂȘtre bien fondĂ© Ă soutenir que câest la Ascagne est statuaire, HĂ©gion fondeur, Aeschine foulon, et Cydias bel esprit, câest sa profession. Il a une enseigne, un atelier, des ouvrages de commande, et des compagnons qui travaillent sous lui il ne vous saurait rendre de plus dâun mois les stances quâil vous a promises, sâil ne manque de parole Ă DosithĂ©e, qui lâa engagĂ© Ă faire une Ă©lĂ©gie ; une idylle est sur le mĂ©tier, câest pour Crantor, qui le presse, et qui lui laisse espĂ©rer un riche salaire. Prose, vers, que voulez-vous ? Il rĂ©ussit Ă©galement en lâun et en lâautre. Demandez-lui des lettres de consolation, ou sur une absence, il les entreprendra ; prenez-les toutes faites et entrez dans son magasin, il y a Ă choisir. Il a un ami qui nâa point dâautre fonction sur la terre que de le promettre longtemps Ă un certain monde, et de le prĂ©senter enfin dans les maisons comme homme rare et dâune exquise conversation ; et lĂ , ainsi que le musicien chante et que le joueur de luth touche son luth devant les personnes Ă qui il a Ă©tĂ© promis, Cydias, aprĂšs avoir toussĂ©, relevĂ© sa manchette, Ă©tendu la main et ouvert les doigts, dĂ©bite gravement ses pensĂ©es quintessenciĂ©es et ses raisonnements sophistiquĂ©s. DiffĂ©rent de ceux qui convenant de principes, et connaissant la raison ou la vĂ©ritĂ© qui est une, sâarrachent la parole lâun Ă lâautre pour sâaccorder sur leurs sentiments, il nâouvre la bouche que pour contredire "Il me semble, dit-il gracieusement, que câest tout le contraire de ce que vous dites" ; ou "Je ne saurais ĂȘtre de votre opinion" ; ou bien "Ăâa Ă©tĂ© autrefois mon entĂȘtement, comme il est le vĂŽtre, mais⊠Il y a trois choses, ajoute-t-il, Ă considĂ©rerâŠ", et il en ajoute une quatriĂšme fade discoureur, qui nâa pas mis plus tĂŽt le pied dans une assemblĂ©e, quâil cherche quelques femmes auprĂšs de qui il puisse sâinsinuer, se parer de son bel esprit ou de sa philosophie, et mettre en Ćuvre ses rares conceptions ; car soit quâil parle ou quâil Ă©crive, il ne doit pas ĂȘtre soupçonnĂ© dâavoir en vue ni le vrai ni le faux, ni le raisonnable ni le ridicule il Ă©vite uniquement de donner dans le sens des autres, et dâĂȘtre de lâavis de quelquâun ; aussi attend-il dans un cercle que chacun se soit expliquĂ© sur le sujet qui sâest offert, ou souvent quâil a amenĂ© lui-mĂȘme, pour dire dogmatiquement des choses toutes nouvelles, mais Ă son grĂ© dĂ©cisives et sans rĂ©plique. Cydias sâĂ©gale Ă Lucien et Ă SĂ©nĂšque, se met au-dessus de Platon, de Virgile et de ThĂ©ocrite ; et son flatteur a soin de le confirmer tous les matins dans cette opinion. Uni de goĂ»t et dâintĂ©rĂȘt avec les contempteurs dâHomĂšre, il attend paisiblement que les hommes dĂ©trompĂ©s lui prĂ©fĂšrent les poĂštes modernes il se met en ce cas Ă la tĂȘte de ces derniers, et il sait Ă qui il adjuge la seconde place. Câest en un mot un composĂ© du pĂ©dant et du prĂ©cieux, fait pour ĂȘtre admirĂ© de la bourgeoisie et de la province, en qui nĂ©anmoins on nâaperçoit rien de grand que lâopinion quâil a de Câest la profonde ignorance qui inspire le ton dogmatique. Celui qui ne sait rien croit enseigner aux autres ce quâil vient dâapprendre lui-mĂȘme ; celui qui sait beaucoup pense Ă peine que ce quâil dit puisse ĂȘtre ignorĂ©, et parle plus Les plus grandes choses nâont besoin que dâĂȘtre dites simplement elles se gĂątent par lâemphase. Il faut dire noblement les plus petites elles ne se soutiennent que par lâexpression, le ton et la Il me semble que lâon dit les choses encore plus finement quâon ne peut les Il nây a guĂšre quâune naissance honnĂȘte, ou quâune bonne Ă©ducation, qui rendent les hommes capables de Toute confiance est dangereuse si elle nâest entiĂšre il y a peu de conjonctures oĂč il ne faille tout dire ou tout cacher. On a dĂ©jĂ trop dit de son secret Ă celui Ă qui lâon croit devoir en dĂ©rober une Des gens vous promettent le secret, et ils le rĂ©vĂšlent eux-mĂȘmes, et Ă leur insu ; ils ne remuent pas les lĂšvres, et on les entend ; on lit sur leur front et dans leurs yeux, on voit au travers de leur poitrine, ils sont transparents. Dâautres ne disent pas prĂ©cisĂ©ment une chose qui leur a Ă©tĂ© confiĂ©e ; mais ils parlent et agissent de maniĂšre quâon la dĂ©couvre de soi-mĂȘme. Enfin quelques-uns mĂ©prisent votre secret, de quelque consĂ©quence quâil puisse ĂȘtre Câest un mystĂšre, un tel mâen a fait part, et mâa dĂ©fendu de le dire ; et ils le disent.VIII Toute rĂ©vĂ©lation dâun secret est la faute de celui qui lâa Nicandre sâentretient avec Elise de la maniĂšre douce et complaisante dont il a vĂ©cu avec sa femme, depuis le jour quâil en fit le choix jusques Ă sa mort ; il a dĂ©jĂ dit quâil regrette quâelle ne lui ait pas laissĂ© des enfants, et il le rĂ©pĂšte ; il parle des maisons quâil a Ă la ville, et bientĂŽt dâune terre quâil a Ă la campagne il calcule le revenu quâelle lui rapporte, il fait le plan des bĂątiments, en dĂ©crit la situation, exagĂšre la commoditĂ© des appartements, ainsi que la richesse et la propretĂ© des meubles ; il assure quâil aime la bonne chĂšre, les Ă©quipages ; il se plaint que sa femme nâaimait point assez le jeu et la sociĂ©tĂ©. "Vous ĂȘtes si riche, lui disait lâun de ses amis, que nâachetez-vous cette charge ? pourquoi ne pas faire cette acquisition qui Ă©tendrait votre domaine ? On me croit, ajoute-t-il, plus de bien que je nâen possĂšde." Il nâoublie pas son extraction et ses alliances Monsieur le Surintendant, qui est mon cousin ; Madame la ChanceliĂšre, qui est ma parente ; voilĂ son style. Il raconte un fait qui prouve le mĂ©contentement quâil doit avoir de ses plus proches, et de ceux mĂȘme qui sont ses hĂ©ritiers "Ai-je tort ? dit-il Ă Elise ; ai-je grand sujet de leur vouloir du bien ? " et il lâen fait juge. Il insinue ensuite quâil a une santĂ© faible et languissante, et il parle de la cave oĂč il doit ĂȘtre enterrĂ©. Il est insinuant, flatteur, officieux Ă lâĂ©gard de tous ceux quâil trouve auprĂšs de la personne Ă qui il aspire. Mais Elise nâa pas le courage dâĂȘtre riche en lâĂ©pousant. On annonce, au moment quâil parle, un cavalier, qui de sa seule prĂ©sence dĂ©monte la batterie de lâhomme de ville il se lĂšve dĂ©concertĂ© et chagrin, et va dire ailleurs quâil veut se Le sage quelquefois Ă©vite le monde, de peur dâĂȘtre ennuyĂ©.
En deux mots Jean de La BruyĂšre est un cĂ©lĂšbre Ă©crivain français. Il a vĂ©cu au XVIIe siĂšcle sous le rĂšgne de Louis XIV. C'est un auteur moraliste ; cela signifie qu'il nous invite Ă rĂ©flĂ©chir Ă notre comportement pour devenir meilleurs. Son oeuvre a pour titre Les CaractĂšres. Elle regroupe les textes trĂšs courts et saisissants qu'il a Ă©crits, parfois composĂ©s d'une ou deux phrases seulement, et qui montrent les dĂ©fauts des hommes. Sa vie dans les grandes lignes Jean de La BruyĂšre est nĂ© en 1645 et est mort en 1696. Il appartient donc au XVIIe siĂšcle. De classe aisĂ©e, il devient prĂ©cepteur du duc de Bourgogne, le petit-fils du Grand CondĂ©, et reste longtemps au service de cette famille influente. Jean de La BruyĂšre est cĂ©lĂšbre pour avoir Ă©crit, de 1688 Ă 1696, un recueil de maximes morales et de portraits satiriques qui s'intitule Les CaractĂšres ou Les Moeurs de ce siĂšcle. C'est sa seule Ćuvre. Par ailleurs, membre de l'AcadĂ©mie française Ă partir de 1693, La BruyĂšre est connu pour sa prise de position littĂ©raire du cĂŽtĂ© des Anciens » contre les Modernes » dans la querelle qui a opposĂ© ces deux clans littĂ©raires Ă la fin du XVIIe siĂšcle. Contexte historique et culturel La BruyĂšre n'a connu qu'un roi Louis XIV. Ă l'Ă©poque de La BruyĂšre, le mouvement artistique qui domine la deuxiĂšme moitiĂ© du XVIIe siĂšcle est le classicisme. Pour les Classiques, il est de bon ton d'imiter les Anciens, c'est-Ă -dire les auteurs grecs et latins qu'on considĂšre comme des modĂšles. Le but de toute oeuvre littĂ©raire doit alors ĂȘtre double plaire et instruire. La BruyĂšre s'inscrit parfaitement dans cette dĂ©marche car c'est un moraliste. Il instruit les Hommes et leur indique le comportement Ă adopter. Les CaractĂšres Cette Ćuvre a pour sous-titre "Les Moeurs de ce siĂšcle". L'oeuvre Elle est composĂ©e d'un ensemble variĂ© de rĂ©flexions sur l'Homme et la nature humaine, de maximes morales et de portraits satiriques. Elle a Ă©tĂ© publiĂ©e pour la premiĂšre fois en 1688 et a connu ensuite plusieurs Ă©ditions, remportant toujours un vif succĂšs. Ă chaque fois, La BruyĂšre enrichit la premiĂšre Ă©dition et l'Ă©toffe, ajoutant de nouvelles maximes et de nouveaux portraits. La morale Tous les Ă©crits des CaractĂšres comportent une morale, qu'elle soit explicite ou implicite. Comme les fables de La Fontaine, les portraits de La BruyĂšre sont donc lĂ pour nous faire sourire et nous faire rĂ©flĂ©chir afin que nous devenions des personnes meilleures. Inspiration antique Pour Ă©crire ce recueil, La BruyĂšre s'inspire d'une Ćuvre antique les CaractĂšres du philosophe grec ThĂ©ophraste. Toutefois La BruyĂšre s'attache Ă rendre compte des mĆurs de son temps Ă lui, le XVIIe siĂšcle. Il revendique d'ailleurs cette dĂ©marche et l'annonce dans sa PrĂ©face. PrĂ©face et dĂ©marche Je rends au public ce qu'il m'a prĂȘtĂ© ; j'ai empruntĂ© de lui la matiĂšre de cet ouvrage. [âŠ] Il peut regarder avec loisir ce portrait que j'ai fait de lui d'aprĂšs nature, et s'il se connaĂźt quelques-uns des dĂ©fauts que je touche, s'en corriger. » La BruyĂšre explique que c'est en observant les gens autour de lui qu'il a dĂ©couvert la nature humaine et qu'il cherche Ă inviter chacun Ă devenir meilleur. Ses Ă©crits sont par consĂ©quent plaisants mais instructifs, conformĂ©ment Ă l'esprit du mouvement classique. Extraits des CaractĂšres Chapitre IV Du coeur » L'amour naĂźt brusquement, sans autre rĂ©flexion, par tempĂ©rament ou par faiblesse un trait de beautĂ© nous fixe, nous dĂ©termine. L'amitiĂ© au contraire se forme peu Ă peu, avec le temps, par la pratique, par un long commerce. Combien d'esprit, de bontĂ© de cĆur, d'attachement, de services et de complaisance dans les amis, pour faire en plusieurs annĂ©es bien moins que ne fait quelquefois en un moment un beau visage ou une belle main ! Le temps, qui fortifie les amitiĂ©s, affaiblit l'amour. Chapitre V De la sociĂ©tĂ© et de la conversation » Arrias a tout lu, a tout vu, il veut le persuader ainsi ; c'est un homme universel, et il se donne pour tel Il aime mieux mentir que de se taire ou de paraĂźtre ignorer quelque chose. On parle, Ă la table d'un grand, d'une cour du Nord il prend la parole, et l'ĂŽte Ă ceux qui allaient dire ce qu'ils en savent ; il s'oriente dans cette rĂ©gion lointaine comme s'il en Ă©tait originaire ; il discourt des moeurs de cette cour, des femmes du pays, de ses lois et de ses coutumes il rĂ©cite des historiettes qui y sont arrivĂ©es ; il les trouve plaisantes, et il en rit le premier jusqu'Ă Ă©clater. Quelqu'un se hasarde de le contredire, et lui prouve nettement qu'il dit des choses qui ne sont pas vraies. Arrias ne se trouble point, prend feu au contraire contre l'interrupteur. je n'avance, lui dit-il, je ne raconte rien que je ne sache d'original je l'ai appris de Sethon, ambassadeur de France dans cette cour, revenu Ă Paris depuis quelques jours, que je connais familiĂšrement, que j'ai fort interrogĂ©, et qui ne m'a cachĂ© aucune circonstance. » Il reprenait le fil de sa narration avec plus de confiance qu'il ne l'avait commencĂ©e, lorsque l'un des conviĂ©s lui dit C'est Sethon Ă qui vous parlez, lui-mĂȘme, et qui arrive de son ambassade. » Chapitre VIII De la cour » L'esclave n'a qu'un maĂźtre ; l'ambitieux en a autant qu'il y a de gens utiles Ă sa fortune. Chapitre XI De l'homme » L'on espĂšre de vieillir et l'on craint la vieillesse, c'est-Ă -dire, l'on aime la vie et l'on fuit la mort. Il n'y a pour l'homme que trois Ă©vĂ©nements naĂźtre, vivre et mourir. Il ne se sent pas naĂźtre, il souffre Ă mourir, et il oublie de vivre. Il y a une espĂšce de honte d'ĂȘtre heureux Ă la vue de certaines misĂšres. Gnathon ne vit que pour soi, et tous les hommes ensemble sont Ă son Ă©gard comme s'ils n'Ă©taient point. Non content de remplir Ă une table la premiĂšre place, il occupe lui seul celle de deux autres ; il oublie que le repas est pour lui et pour toute la compagnie ; il se rend maĂźtre du plat, et fait son propre de chaque service il ne s'attache Ă aucun des mets, qu'il n'ait achevĂ© d'essayer de tous ; il voudrait pouvoir les savourer tous tout Ă la fois. Il ne se sert Ă table que de ses mains ; il manie les viandes, les remanie, dĂ©membre, dĂ©chire, et en use de maniĂšre qu'il faut que les conviĂ©s, s'ils veulent manger, mangent ses restes. Il ne leur Ă©pargne aucune de ces malpropretĂ©s dĂ©goĂ»tantes, capables d'ĂŽter l'appĂ©tit aux plus affamĂ©s ; le jus et les sauces lui dĂ©gouttent du menton et de la barbe ; s'il enlĂšve un ragoĂ»t de dessus un plat, il le rĂ©pand en chemin dans un autre plat et sur la nappe ; on le suit Ă la trace. Il mange haut et avec grand bruit ; il roule les yeux en mangeant ; la table est pour lui un rĂątelier ; il Ă©cure ses dents, et il continue Ă manger. Il se fait, quelque part oĂč il se trouve, une maniĂšre d'Ă©tablissement, et ne souffre pas d'ĂȘtre plus pressĂ© au sermon ou au théùtre que dans sa chambre. Il n'y a dans un carrosse que les places du fond qui lui conviennent ; dans toute autre, si on veut l'en croire, il pĂąlit et tombe en faiblesse. S'il fait un voyage avec plusieurs, il les prĂ©vient dans les hĂŽtelleries, et il sait toujours se conserver dans la meilleure chambre le meilleur lit. Il tourne tout Ă son usage ; ses valets, ceux d'autrui, courent dans le mĂȘme temps pour son service. Tout ce qu'il trouve sous sa main lui est propre, hardes, Ă©quipages. Il embarrasse tout le monde, ne se contraint pour personne, ne plaint personne, ne connaĂźt de maux que les siens, que sa rĂ©plĂ©tion et sa bile, ne pleure point la mort des autres, n'apprĂ©hende que la sienne, qu'il rachĂšterait volontiers de l'extinction du genre humain. DerniĂšre relecture de cet article 29/04/2021 Copyright
de la societe et de la conversation la bruyere